KaS Product : rendons à Stéphane ce qui est à Stéphane…

02 Nov 15 KaS Product : rendons à Stéphane ce qui est à Stéphane…

Dans le #12 d’Obsküre Magazine, j’avais rédigé la Diskögr (discographie commentée) de KaS Product. J’avais un souvenir de formule à leur sujet dont l’origine s’était perdue. J’avais demandé au groupe et sur le forum du Mindphaser, regroupant des lecteurs et musiciens assez pointus. Peine perdue : personne ne retrouvait la formule, ni même ne s’en souvenait.
Au point que j’en vins à me demander si celle-ci ne venait tout bonnement pas de moi…

Que nenni ! En rangeant une nouvelle fois mes étagères et collections de magazines, fanzines et revues, voici que je suis retombé sur une chronique signée Stéphane Deschamps, parue à l’occasion de la sortie de Black et noir, la compilation des raretés de KaS Product.
On remonte donc loin dans le temps puisque la chronique avait été publiée dans Les Inrockuptibles n°27, daté de janvier/février 1991 (oui : il y a plus de 24 ans !), en page 42. En guise de présentation d’excuses et afin, surtout, de ne pas m’attribuer une chouette formule qui n’était vraiment vraiment pas de moi, je retranscris ici la presqu’intégralité de sa chronique (j’enlève notamment la deuxième partie puisque Stéphane y associait une critique de TC Matic).
Voici donc un extrait de la chronique de Stéphane Deschamps :
« Au début des années 80, la France vivait les heures sombres du magma techno-indus-new-wave. Ses groupes laissaient tomber la guitare pour s’adonner aux joies narcissiques de la masturbation synthétoc en imperméable noir. Déprime. Mais Spatsz avait la plus longue et Mona Soyoc la plus chaude : la mèche et la voix préservèrent Kas Product des tics d’alors (« Je veux être Peter Murphy à la place de Peter Murphy ») pour en faire le plus authentiquement malsain des duos. Sur fond de boîte à rythmes parfois approximatives et de minimalisme électronique, c’est Mona et sa guitare hachoir qui donne voix et mauvais rêves de Kas Product. L’important n’étant pas le pilotage automatique de Spatsz (Doctor Insane), mais le vitriol vocal de Mona. Pardonnons donc à l’époque et aux deux pistes les bruitages de flipper électronique pour n’entendre aujourd’hui que l’élément humain : le chant et la guitare. »

De mon côté, voici ce que j’avais rédigé en lancement à la rubrique Diskögr :
« Elle l’a chaude et féline. Il l’avait longue et soyeuse. La voix de Mona et la mèche de Spatsz hantent l’électro-cold, prolongeant l’influence de KaS Product bien au-delà des années quatre-vingt. »
La réminiscence est flagrante. On rejoint les sentiments ébahis des musiciens qui découvrent qu’ils ont repompé un titre qu’ils avaient oublié…
Merci donc, Stéphane, pour cette formule que je t’ai très involontairement empruntée !

NB : Stéphane Deschamps a continué son chemin aux Inrocks et il programme aussi le festival Les Nuits de l’Alligator.
http://www.lesinrocks.com/auteur/stephane-deschamps/

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