Within Temptation + Anneke van Giersbergen au Zénith de Paris, le 06/11/11

10 Nov 11 Within Temptation + Anneke van Giersbergen au Zénith de Paris, le 06/11/11

C’était dimanche soir dernier. Il n’y avait plus de places disponibles depuis longtemps déjà. C’est un fait, Within Temptation vend du disque et remplit les salles. Cette date devait à l’origine se tenir en mars dernier mais Sharon den Adel était enceinte. Situation familiale loin d’être anecdotique puisque Robert (guitariste, fondateur, mari de Sharon et père de ses trois enfants) se retire de la scène pour veiller à l’éducation de leurs joyeux rejetons. Il ne devrait désormais apparaître en concert que pour les shows spéciaux (celui de Paris n’en était pas un), sans doute les captures vidéos des tournées et gérer la carrière du groupe, composer… etc., depuis la maison familiale.

Il fallait le savoir. Mais avant ça, la fantasque Anneke van Giersbergen, est venue chauffer une salle non seulement déjà acquise, et on s’en doute, à Within Temptation mais à elle et son groupe aussi. Malgré son départ de The Gathering, sa notoriété reste importante au sein du public (disons) « metal ». Son jeu de scène énergique, ses compos souvent pop et nerveuses, bien catchy, tendues parfois ont élevé sa prestation au-delà de l’exercice commun d’une première partie. Anneke est une amie du groupe, elle était donc davantage une invitée qu’un simple faire-valoir. Anneke n’est pas n’importe qui, et sa modestie affichée, son sourire aux lèvres mais ses poings serrés suffisent à cerner sa personnalité sans le blabla qui aurait pu faire de l’ombre à la tête d’affiche. C’est donc avec discrétion, malgré le succès de son tour de chant, qu’elle a cédé la place à Within Temptation.

C’est alors que Robert apparaît pendant l’installation du matériel de son groupe. Le temps d’embrasser la foule et… de disparaître. Il est donc venu superviser ce concert. Puis le Zénith est plongé dans le noir, un rideau s’ouvre sur un écran de cinéma, l’histoire conceptuelle qui a construit « The Unforgiving » peut commencer. Les titres s’enchaînent alors comme autant de tubes, sous les hurlements des groupies qui font toujours un peu peur, quand même. On a tous un jour flippé en croisant un regard de fan pubère vaguement glam, approximativement emo. Il y en avait là des dizaines en tête d’un cortège cependant plus hétérogène et moins « total look » à mesure qu’on approchait les gradins. Un public varié qui fait plaisir à voir.

Bien qu’on ait connu Sharon vocalement plus en forme que dimanche soir, son énergie toujours positive et sa générosité emportent systématiquement le morceau et toute la setlist n’est qu’une succession permanente d’enchantement. Trop, peut-être. Tout cela est trop bien huilé, trop calé, la faute à l’aspect visuel du show, ces clips synchrones avec le groupe et qui l’obligent à jouer au clic. Pas d’impro, pas de spontanéité. « Réglé comme du papier à musique », comme on dit… mais du papier pour orgue de barbarie. Un brin mécanique, tout ça. Rien qui empêche cependant de battre la mesure, et de tendre les doigts en bons metalleux que nous sommes ! Et c’est plutôt habile de faire chanter Keith Caputo (Life Of Agony) sur le titre « What have you done » par écran différé et interposé. Tout ça en HD, ça claque ! Du show bien pensé, de bonne facture et en haute qualité. Le format conceptuel aura cependant une limite : resserrer une setlist qui colle au sujet, ce qui vaudra à quelques chansons incontournables d’être contournées. Même « Somewhere », connue pour le duo que font ensemble sur un live symphonique Sharon et Anneke, est évincée de la liste… alors qu’Anneke se trouve en coulisses ! Bigre, quelle déception. La seule véritable et impardonnable anomalie de la soirée.

Malgré tout, rien ne vaut dans le parcours d’un coureur de concerts d’entonner avec Sharon les mythiques et guillerettes paroles de Mother Earth : « Birds and Butterflies ». Il faut savoir le faire sans complexe, sans gêne, on peut aimer Shining et Within Temptation, le second n’excluant pas le premier (ce qui n’est en revanche peut-être pas vrai dans le sens contraire, vous me suivez ?).
Soirée magique, on l’assume.
Il n’y a pas d’autres mots.

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