Riotmiloo – interview au sujet de son album La Pierre soudée

20 Juil 15 Riotmiloo – interview au sujet de son album La Pierre soudée

Signature chez Ant-Zen et invités prestigieux. Riotmiloo ne fait pas les choses à moitié sur ce premier album sous son nom. La cause des femmes trouve ici une voix musicale pour décrire et dénoncer des situations intolérables. Musicalement, Émilie se sert de sa vaste culture pour brosser un tableau aux multiples contours, privilégiant les ambiances à la brutalité facile d’un mur sonore. Le résultat est varié et homogène, support idéal pour aller au-delà de la déjà satisfaisante digestion d’un produit de qualité. Lors de l’interview, le choix a été fait de vous faciliter la tâche avec des liens renvoyant aux personnes citées. L’art comme ouverture sur le monde…

Sylvaïn Nicolino : J’écrivais dans ma chronique que retrouver ton premier album chez Ant-Zen c’était naturel, qu’en est-il vraiment ? Comment s’est construite cette adhésion ?
Riotmiloo : Mes multiples collaborations m’ont permis d’être en contact avec de nombreux artistes et labels. Avant même d’avoir fini l’album, j’ai eu la chance de susciter de la curiosité autour de moi. D’autres labels et artistes m’avaient demandé de les tenir au courant de mon avancée au sujet de La Pierre Soudée. J’avais déjà échangé quelques e-mails de courtoisie avec Stefan Alt quand, avec Eva|3, on avait fait un remix pour Asche, ou bien encore quand j’avais posé ma voix sur le morceau de Philipp Münch « The Magma Of War ». Et après, je me suis dit que je ne perdais rien à soumettre l’album à Ant-Zen. Au pire, c’était non et au mieux, je pouvais avoir une critique constructive. J’ai donc pris contact pour demander du retour. J’étais aussi en admiration devant une série de photos prises par Stefan. J’ai demandé si c’était possible d’en utiliser une pour illustrer l’album. Les rondeurs, les couleurs si froides, les formes de ces pierres collaient parfaitement avec mon concept. Le retour musical a été positif. Stefan a proposé de créer le superbe design à partir de cette série photographique que j’aimais tant, et voilà !
Toi-même, qu’aimais-tu chez Ant-Zen ? On peut te demander un top 5 des disques les plus importants du label, comment et quand tu as connus chacun d’eux et les pistes qu’ils t’ont ouvertes ?

Riotmiloo2 by Emmanuel Vargas-réduit
Je respecte énormément les personnes qui s’occupent de labels. Ce n ‘est pas facile de nos jours de défendre l’idée d’acheter de la musique dans un monde où le concept de gratuité est souvent attendu. Ant-Zen fait partie de ces acteurs qui défendent la musique. Un soin très particulier est apporté tant sur le plan visuel que sur la qualité musicale. Mes chouchous sont Virgin Pulse de Geneviève Pasquier, The Easter Island Phenomenon d’Asche, Transcontinental Desperation de Philipp Münch & Loss ainsi que One fine Day in the Pyramid de Monokrom. La première connexion Ant-Zen s’est faite via Eva|3 et Asche. Eva|3 a sorti son 1er album en 2005 sur le label d’Asche, fich-art. Quand Eva|3 et moi avons été invitées à jouer à Maschinenfest en 2007, Asche nous a présentées à pas mal de monde. Les acteurs de cette scène sont pour la plupart très modestes, très accessibles et très passionnés par la musique.
Le disque est protéiforme : entre digital hardcore à la Hanin Elias, ambiant, electro et post-industrielle. Qu’ont en commun selon toi ces genres musicaux ?
La comparaison avec Hanin Elias est quelque chose qui revient beaucoup (rires). J’ai des inspirations multiples et j’ai été très fan de ses performances scéniques et vocales au sein d’Atari Teenage Riot. Ceci dit, ma culture musicale s’inspire aussi d’autres demoiselles comme Bikini Kill, Red Aunts, Lydia Lunch, Cobra Killer, Shane Cough, Beta Evers… La liste pourrait être très longue. Après, il y a aussi les pionnières de la musique électronique comme Delia Derbyshire ou encore Daphne Oram. Je suis influencée par les musiques dures, tant post hardcore comme Hint, que noise à la Haus Arafna. J’aime aussi les mélodies implacables et triturées de November Novelet. Bref, il existe plein de bonnes choses musicalement à explorer, à écouter, que ce soit dans les scènes alternatives industrielles, noise-rock, hip-hop, expérimentales ou autres. Ce que ces musiques ont en commun est le goût de l’expérimentation. Certaines s’attachent plus à la puissance du son alors que d’autres mettent plus l’accent sur le voyage, le narratif et à la précision et à l’espace entre les couches musicales. J’aime tous ces aspects dans la musique et j’ai essayé avec l’aide de tous mes collaborateurs et un ingé son hors pair de condenser tout ça autour d’un concept.
C’est-à-dire ?
Quand je crée, j’ai généralement une idée générale du son, de l’ambiance que je désire. Par dessus ça, se rajoutent des thèmes documentés par des histoires issues de recherches personnelles. Les voix se dessinent assez rapidement, mêlant « spoken words », cris et mélodies. Quand j’ai commencé ce projet, je voulais décloisonner certaines scènes musicales. Je voulais des artistes différents, aussi bien des personnes qui font de la musique depuis de nombreuses années que des musiciens plus émergents. Je voulais des artistes de différentes nationalités et je voulais aussi des artistes qui composent de façons différentes. J’aurais idéalement voulu plus de filles mais ça n’a pas eu lieu. Je suis ravie que mes invités aient accepté mon challenge.

Tu aimes les artistes qui associent douceur et musiques résistantes ? Je pense au travail réalisé sur « I was once », très symbolique de cette alternance…
J’aime l’art avec des messages et du contenu qui amènent à la réflexion. Par exemple, je suis fan de Skinny Puppy qui met en avant un engagement politique très poussé. Musicalement, je suis aussi fan de la musique de Coil qui avait une profondeur dans les textes soutenue par une musique complexe tour à tour éthérée, douce et plus dure. Je trouve l’alternance du doux et du dur très inspirante.
Pour en revenir à la composition de l’album, chaque morceau avait pour consigne de mettre en musique et en paroles une histoire vraie. « I was once » est la collaboration avec Chrysalide. L’histoire racontée par le morceau est tour à tour désespérée et énervée, ce qui explique l’alternance des voix. La difficulté était de transposer le ressenti d’une jeune fille vendue comme esclave sexuelle en Asie du Sud Est. Au-delà des souffrances physiques et psychologiques, elle se bat, elle s’échappe, elle s’en sort, elle fonde une famille pour être rattrapée par son passé. Son enfant est diagnostiqué avec le VIH. De même pour son mari. Elle apprend avec horreur qu’elle aussi est atteinte par le virus, mais comme les soins coûtent trop chers, elle doit continuer à travailler et à traverser la frontière thaïlandaise chaque jour pour pouvoir manger et faire survivre sa famille.
Le constat est terrible. Les histoires sont toutes très dures. Le morceau avec Philipp Münch, « Monster », alterne aussi des passages furieux avec des passages fragiles et désespérés. Ce morceau parle de l’histoire de la meurtrière en série, Aileen Wuornos, dont la vie remplie d’abus et de rejets de sa famille et de la société ont à mon sens contribué à créer cette image de monstre vendue par les médias et tabloïds.
Tu cites en exergue une phrase de Soon-Young Yoon, l’avocate américano-coréenne spécialisée dans les droits des femmes. Comment es-tu tombée sur son travail ?
On m’a offert un livre intitulé Women of the Revolution – Forty Years of Feminism. Ce livre retrace plein d’articles écrits par des féministes depuis les années 70. Un des articles est de Soon-Young Yoon. Quand mes yeux ont lu ses mots, je les ai lus et relus en boucle. « Les conséquences de la confrontation doivent être endurées par ceux qui luttent, et ce sont des réalités qui très souvent échappent aux autres ». Cela m’a amenée à réfléchir sur mes valeurs, sur les valeurs des autres. Tellement de gens pensent et écrivent au sujet des autres et aussi pour les autres. Qui sommes-nous pour imposer nos systèmes de valeurs ? Qui sommes-nous pour juger ces personnes qui luttent comme elles peuvent, avec les moyens qui sont à leur disposition ? J’aurais pu abandonner le projet. J’ai décidé de me référer à ces mots pour garder en mémoire les limites de cet exercice. Je ne pourrai jamais appréhender de façon plus juste l’horreur j’ai que j’ai choisie de décrire que toutes les personnes qui ont enduré ces supplices. Mais une chose m’est aussi apparue comme évidente : je pense que l’écoute, la solidarité et aussi l’éducation sont les clés vers un dépassement de l’horreur.
Ton disque est un état des lieux sur la condition des femmes : penses-tu viscéralement que la musique peut ouvrir les yeux et changer les choses ? Est-ce plus simplement le moyen de témoigner et d’apporter sa pierre à l’édifice ? Es-tu une militante en dehors de ton parcours artistique ?
À mon avis, les gens sont surexposés à l’information par la télévision, les journaux ou internet mais semblent parallèlement désensibilisés et désolidarisés de ce qui se passe loin de chez eux (et parfois même près de chez eux !). Par exemple, les discours que j’entends autour de moi au sujet des immigrants en provenance de Syrie me désolent gravement. L’Art sert à s’exprimer : il peut dénoncer, choquer ou encore informer. Par exemple, je suis fan des photographies posées sur les arrêts de bus qui montrent d’autres endroits du monde en situation de guerre. J’aime aussi beaucoup le street art de l’artiste afghane Shamsia Hassani qui dit : « Art is stronger than war ». Ses graffitis de femmes sont magnifiques et son concept de “dreaming graffiti” est très innovant. Elle réinjecte de la beauté et de l’espoir dans un monde très dur.
J’ai conscience que l’Art n’est pas un remède à tous les maux du monde mais il permet d’informer, d’éduquer et de prendre conscience. Après, libre à chacun d’apporter sa pierre à l’édifice ou de fermer les yeux.
Je suis quelqu’un qui passe beaucoup de temps à m’informer de ce qui se passe autour de moi. Je lis beaucoup, regarde beaucoup de films et prends le temps d’analyser de nombreuses d’émotions. Quand j’écris des paroles, je suis souvent en état de choc émotionnel, à mi-chemin entre la colère et la tristesse. Décrire et partager ce qui m’intéresse m’inspire beaucoup plus que chanter l’amour ou la haine sans chercher à comprendre d’où ces sentiments proviennent.
J’ai été militante dans le passé. Je pense l’être de moins en moins car j’ai une vision de plus en plus pessimiste du futur. Je pense néanmoins que chacun peut initier des actions de solidarité, que ce soit soutenir le clochard en bas de sa rue, ou donner de l’argent à des associations caritatives qui éduquent les jeunes filles mais aussi les jeunes garçons quant à l’importance de la contraception et aussi l’horreur de la mutilation génitale imposée sous couvert de tradition culturelle. Je travaille avec des jeunes gens handicapés vulnérables et mon combat s’inscrit dans mes actions au quotidien. Je suis aussi de très près l’association RAWA (Revolutionary Association of Women in Afghanistan) et les minorités Kurdes qui ont fait le choix de se sacrifier pour défendre la Syrie et pour que les générations suivantes ne subissent pas l’oppression dont ils sont eux-mêmes les victimes. Mais même sans aller très loin, en Angleterre, la situation de pauvreté augmente dans des proportions inimaginables. Le gouvernement ne se sent pas concerné quand  des mômes arrivent à l’école le ventre vide et sans manteau en plein hiver car leurs parents doivent choisir entre manger ou mettre le chauffage…
Que penses-tu des émissions de télé-réalité occidentales et plus largement de la représentation ultra-sexuée de la femme dans nos pays dits civilisés ? N’a-t-on pas là aussi une violence énorme faite aux jeunes filles qui grandissent face à ces stéréotypes ?
Bien entendu, je ne suis pas du tout attirée par ce genre de programmes qui privilégient la bêtise, les apparences, la moquerie crasse et qui véhiculent l’ultra sexualisation de la femme comme norme. Les pop stars ou vecteurs des canons de la beauté actuelle ne gagneraient pas autant si elles ne se conformaient pas à cette attente. Certaines stars revendiquent une libération sexuelle. Moi je pense plus qu’elles internalisent et perpétuent un schéma commercial grotesque.
La violence des dictats imposés aux demoiselles est indéniable mais je leur fais confiance pour y voir clair, pour dénoncer cette mascarade photoshopée, pour ne pas faire partie de cette stupidité ambiante. À terme, veulent-elles qu’on se rappelle d’elles pour leur tour de poitrine, pour avoir réussi à faire tenir une coupe de champagne sur les fesses ? Ou pour des actions et discours héroïques et inspirants comme ceux que défend Malala Yousafzai, une jeune Pakistanaise qui s’implique pour le droit des jeunes filles à une éducation envers et contre tout (et qui a failli y perdre la vie ?)

Riotmiloo by Emmanuel Vargas-réduit
Il y a chez toi un attrait évident pour le rugissement des guitares : leur traitement synthétique sur « A Fly as a Pet » les rend encore plus venimeuses. Il y a eu des essais de sons pendant l’enregistrement des titres ou bien tu savais déjà où tu allais avec une sorte de banque de sons ?
J’aime les sons distordus des guitares mais je dois avouer qu’aucun son de la sorte n’a été utilisé sur l’album [NDLR : zut alors : on y croit !]. J’étais en deuil de mon groupe de garage punk Venom Seeds à l’époque. Quand j’ai commencé « La Pierre Soudée », j’avais établi une liste de règles à suivre, histoire de rendre le projet encore plus complexe ! L’une d’entre elle était de ne pas utiliser de guitare. Une autre était que chaque morceau devrait décrire une histoire vraie. Et bien sûr, le côté collaboratif était aussi inclus dans ma liste de règles !
En fait, « A Fly as a Pet » a été créé à partir d’une longue prise stéréo de synthé. Après, le morceau est passé en production, il a été construit et raffiné, et j’ai posé ma voix dessus en dernier.
Comment as-tu travaillé avec les intervenants ? Qui n’as-tu pas rencontré irl ? Avec qui as-tu passé plusieurs jours à travailler ?
J’ai rencontré tous les invités irl avant de commencer le projet. C’est un petit monde et les chemins se croisent très souvent. Mais quand le projet a commencé, on n’a pas eu besoin de se voir en vrai. La magie d’internet a permis de faire passer des fichiers et différentes moutures très facilement. Tant mieux d’ailleurs car Scalper réside en Nouvelle Zélande et je ne crois pas que j’aurais pu me déplacer si loin juste pour enregistrer « Child Bride » !
Certains morceaux ont été conçus très vite, d’autres ont mis plus longtemps mais le principal est le résultat final. Je tiens d’ailleurs à souligner l’énorme travail de production d’Eva|3 qui a construit, déconstruit, enrichi et supervisé méticuleusement et avec brio l’ensemble de l’album.
As-tu donné des consignes préalables ? Ou bien as-tu reçu des esquisses très avancées dans lesquelles tu t’es insérée ? Je pense notamment au claustrophobique « Alone and terrified » co-signé avec C-drík.
Certains morceaux ont reçu plus de consignes que d’autres. Chaque collaborateur a reçu au préalable une description détaillée du thème à illustrer. La claustrophobie et plus globalement la sensation de malaise ont été récurrentes dans les consignes. On a parfois commencé à partir de la voix. C’était le cas pour le morceau « Alone and Terrified » composé avec C-drík ou le morceau avec Chrysalide. Mais on a su aussi partir de la musique comme sur les morceaux avec Scalper, ESA et Vadi Starh.
Les liens entre les titres sont travaillés sur la version CD : ces moments de passage répondent à une volonté d’homogénéisation, lors de leurs compositions, as-tu trouvé pour eux un autre intérêt ? Comme écrire la suite d’un texte ou peindre hors du cadre d’un tableau ?
Oui la version CD est à mon sens supérieure à la version digitale dans le sens ou elle contient des transitions entre les morceaux. Je tenais à inviter les auditeurs à prendre part à un voyage sonore travaillé du début à la fin qui puisse exister en tant qu’ensemble, tout comme de façon individuelle. Je voulais une soudure impeccable, quoi !
Réaliser cet album t’a-t-il apporté des satisfactions que tu n’avais pas pressenties ? J’imagine que tu te doutais que tu allais travailler avec d’autres et que tu allais apprendre des méthodes de travail. Mais y a-t-il des choses qui t’ont davantage étonnée ?
Je suis ravie d’avoir réussi à motiver autant d’artistes autour de sujets qui me tiennent particulièrement à cœur. Rien n’était gagné au départ. Le féminisme a des fois mauvaise presse. Je ne vois pas les choses de cet œil. Je vois plus le concept tout simple d’égalité entre hommes, femmes et tout ce qui existe au milieu. Je n’ai pas de méthode de travail particulière car j’aime expérimenter avec des départs différents voire même des arrivées différentes parfois ! J’ai aussi pris plus de risque avec des voix non criées et des superpositions vocales sous forme d’harmonies. Et Eva|3 m’a appris à mieux écouter, à apprécier les arrangements de couches de synthés qui écrasent de façon impitoyable ou virevoltent, comme certains épisodes de la vie.
Défendras-tu ce disque sur scène ? Sous quelle forme ?
Oui, la scène est ce que je préfère, J’ai hâte de partager « La Pierre Soudée » avec des versions retravaillées pour la scène. Je compte aussi incorporer une ou deux reprises. J’ai déjà une petite idée de l’ordre des morceaux et des effets que je veux sur la voix. Il y aura du « Gristleiser » sur de l’écho et du delay inversé afin de recréer la sensation de malaise et de claustrophobie présentes tout au long de l’album. J’aimerai aussi réincorporer l’usage du mégaphone pour certains morceaux. J’aurais bien voulu avoir un support vidéo pour renforcer certains messages de façon visuelle, mais je ne pense pas que ce soit possible en ce moment car je n’ai ni la connaissance en vidéo, ni le temps nécessaire pour arriver à un résultat satisfaisant.

Dernière nouvelle : une vidéo illustre une nouvelle collaboration de Riotmiloo avec Scalper. Le morceau s’appelle « Perfume », c’est un extrait de son nouvel album intitulé The Emperor’s Clothes sorti chez Jarring Effect.

 

Riotmiloo, singer, lyricist, experimentalist
http://www.riotmiloo.co.uk

Pour l’album :
http://ant-zen.bandcamp.com/album/la-pierre-soud-e
https://mailorder.ant-zen.com/product/id/2627
http://www.facebook.com/riotmiloo

Le groupe précédent d’Emilie :
http://www.venomseeds.co.uk

En plus des liens dans l’article, d’autres liens livrés par Riotmiloo :

https://www.facebook.com/pages/Shamsia-Hassani/252100761577381
https://www.facebook.com/RAWA.Afghanistan?fref=ts
http://www.malala.org

Et le site du photographe Emmanuel Vargas  qui nous a gracieusement prêté les deux photos illustrant cette interview (merci !).

http://www.crapules.com

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