Zenzile – Elements

19 Avr 17 Zenzile – Elements

La musicalité de Zenzile, originaire d’Angers, s’est depuis ses débuts forgé l’aura d’une étrange indépendance, peu soucieuse de l’étiquette dont on voudra bien affubler le son de chaque sortie. Si on lui reconnaît volontiers une constance aérienne, Zenzile absorbe tout autant le dub ou l’electro que le kraut ou le post-punk. 2017 prolonge la quête esthétique.

La spatialité d’Elements, enregistré au Black Box et qui succède à Berlin (2014 – bande-son imaginaire illustrant le vieux film de 1927 Berlin, la Symphonie d’une grande ville) ne déroge pas à la règle d’une nature ambivalente. Ils font ce qu’ils veulent. Les accents de guitares floydiens qui germent des premières secondes du nouvel album posent un cadre rassurant et céleste. C’est une invitation, en douceur.
La musique, comme souvent chez eux, expose science de l’aération. Ils évitent toujours d’en faire trop, Zenzile. Ces gens visent l’os, et l’excès de chair ira se faire voir. L’appui plus post-punk et mécanique du titre suivant, le fascinant « Outsight », expose Zenzile dans une puissance ferme et une posture plus héroïque. Cette dernière expose un style affirmé et direct, ce qui va fort bien au groupe et imprègnera fortement l’image que l’on garde du disque au final. Ce morceau consacre aussi une Zakia Gallard à la fois sobre et convaincante dans son intention au chant, et dont la présence s’affirme surtout sur le premier tiers d’Elements. Espérons voir les prochains travaux des Angevins former contexte favorable à une exposition augmentée pour la jeune femme.

Zenzile [line-up 2017] © David Gallard

Zenzile [line-up 2017] © David Gallard

La rythmique économe et la basse linéaire donnent au groupe une assise cold. Par en-dessus, en volutes, inclination douce au psychédélisme (« Storm », là encore très beau, étudie ses épaisseurs).Toujours créatif, le son de Zenzile reste posé, gérant puissance avec retenue (« Escape ») et un sens ineffable de l’hypnose (cf. les boucles de basses, esprit cold là encore, sur le très enveloppant « Dry »). La touche floydienne marquera moult compositions (cf. « Sequences », extrêmement évocateur des meilleures couleurs de la période Waters), Elements conservant une nervure noblement psychédélique : cette dernière instaure contraste avec une assise rythmique qui, si on lui laissait dicter loi de rigueur, tirerait davantage les choses vers les bas-fonds.

Zenzile, au final, fixe une essence : il est une manie inclassable, un groupe de contrastes et d’ambivalence poétique.

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Note : 80%

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