Wild Women and The Savages – Please come in

13 Mai 17 Wild Women and The Savages – Please come in

Premier long format pour les Toulousains. En effet, huit titres au compteur, mais des souvent longs et avec des ambiances variées. Enfin, le projet se fait audible (les intentions vont avec leurs réalisations), incluant les remerciements à tous ceux et à tout ce qui lance(nt) le chant et les paroles. C’est le morceau « Credits » à la voix narquoise et aigu, tendance batcave, porté par les percussions de Pascal Portejoie toutes en frénésie. Un titre qui ouvre la face B en version vinyle et qui cite, entre autres, Coil, Residents, Devo, Can, Throbbing Gristle, Adrian Sherwood… La basse, groovy, bénéficie d’un retrait des autres instruments pour taper au plus juste. Un tel titre sera certainement l’un des moments guettés lors des prochains concerts.

Un album disais-je, magnifiquement emballé avec les photos de Pierre-Jean Grattenois : une scène en appartement bourgeois, une exhibition entre cirque et spectacle arty-malsain. Le public formé des membres du groupe, invités V.I.P. réfugiés à l’écart de deux mondes, dans une salle mi-rococo, mi-saloon.

Cette ambivalence, on la retrouve disséminée sur le disque. On retrouve avec grand plaisir, tant la partition est bien jouée, les influences copycat de Nick Cave et de son Birthday Party. Les curieux iront écouter les morceaux du challenger WWATS que sont « Intro » (claviers, grosse basse du Tall Gypsy, batterie qui claque, jouée par Black Mambo, et voix de prêcheur ivre et possédé) et « Memento Mori » (nappes des deux claviers pour une ambiance crépusculaire, guitare en rares notes plantées comme des épingles, grande qualité rythmique et mélodique du chant avec répétitions qui portent, déplacement progressif vers la rage).

La bascule se fait avec les autres titres qui ont su s’éloigner du Maître enchanteur. Doubleface Richard se sert d’une voix torturée, grandiose sur le mid-tempo « What’s the Matter with You ? » : c’est poisseux, nocturne et les voix en chœurs parlés accentuent l’effet de spectateurs qui commentent les envolées du MC chanteur.

La musique est rigide et souple, idéale pour porter et forcer le talent. La paire The Number 5 et The Naked (Bien sûr, tous les pseudos des membres du groupes sont référencés) fait suer ses claviers, y compris sur le slow « Homebird Hobo » ; ainsi Richard peut incarner son grand jeu de débilos illuminé avec une assurance vocale impeccable. Après un break, le changement de rythme entraîne vers le foutraque de foire aux monstres, éclairant un parc d’attraction abandonné digne des épisodes de Scooby-Doo. « Red Bind », enfin, met en avant la frappe toujours sèche de la batterie et le son brut des guitares (cf « Boys » de Bauhaus) avant un jeu sur l’aspect clubby déglingué : et si ces femmes sauvages montaient une discothèque l’espace d’une nuit ?

Deux titres prennent leurs aises avec l’aspect le plus brut de leur musique : « Sex Eyes Party » est habillé de guitares, pour un morceau plus mélodique que démonstratif ; mais le travail sur la composition, riche, lui fait perdre un peu de son axe. En revanche, la réussite est totale sur « Wild Side of the Moon » qui, outre son traditionnel riff de basse roboratif et dansant à la fois (hypnotique), place un refrain tout en notes, mélancolique et affuté. Plus coldwave, ce titre peu séduire un public plus large.

Une fois capturés, ces nouveaux auditeurs cèderont et se laisseront perturber par le venin de ces gringo loco ! Bienvenu chez les fous.

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Tracklisting :



01. Intro

02. What’s the Matter with You ?

03. Homebird Hobo

04. Sex Eyes party

05. Credits

06. Memento Mori

07. Wild Side of the Moon

08. Red Bind

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Note : 76%

Site du groupe / MySpace :

https://wildwomenandthesavages.bandcamp.com/

https://fr-fr.facebook.com/wildwomenandthesavages/

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