Vogue.Noire – Strange.Days

31 Mar 18 Vogue.Noire – Strange.Days

Après un premier EP digital servi par un concert à Toulouse lors d’une soirée UPR, je me plonge un peu plus dans Vogue.Noire : en effet Strange.Days est un album dense et complet. Dense parce qu’il convoque de bons esprits, comme Alphaville le temps du parfait « Strange Days part.2 », et revigore ces figures tutélaires avec des idées d’aujourd’hui. Ce sont par exemple des samples parlés qui offrent la modernisation. Sur « She is frail », le Londonien bascule dans la synth-pop moderne, entre lumières et ombres ténues. La voix de Dominique Cologne est belle, élégiaque et profonde, bien soutenue par les éléments synthétiques multiples : développement des basses, volutes des claviers plus pop et mélancoliques (« Memento », « Adore »).

Avec le déjà connu « Crush ! », ajouté comme un cadeau en dernière piste, ce sont les anciennes lignes les plus belles de la synth-pop ou de la coldwave qui sont relancées ; la mélodie en boucle permet un soupçon d’énervement dans une piste légèrement superposée et ça prend. Des titres comme « Interlude » et « Reflex » lorgnent eux sans aucun complexe vers les titres les plus doux de Clan Of Xymox. On retrouve avec plaisir cette façon de concevoir la musique comme un don de soi, un échange de sensations intimistes.

Cependant, Vogue.Noire n’en est plus à son premier disque (L’EP digital de 2016, un peu bancal à mon sens) et il varie désormais les couleurs sur la longueur. C’est l’aspect complet de cet album. Le titre « Love like a Vampire » danse et miroite (effet de voix intéressant, noyée sous les échos), aérien et festif. Quelques notes plus basses gardent du caractère, évitant ainsi à la légèreté de faire planer. Ailleurs, sur « Only when », ce sont les guitares qui viennent parcimonieusement étoffer un son comateux, chouineur, créant un allant avant la saturation synthétique, le refus de se laisser-aller. Une élévation qui atteint son apogée avec le plus disco « Cobalt Thorium G », bien chaloupé, comme une virée nocturne en bagnole, avec les reflets des phares sur un bitume trempé.

La photo de couverture, bien plus arty que la vision suggérée par le titre précédent, est l’une des plus chouettes proposée par le label : en effet, avec La Extension de la Lluvia, la Cubaine Elizabet Cerviño expose une sorte de grange vide, dont les murs semblent couverts de bambous ; d’autres lignes verticales peuplent la pièce, une barrière ténue qui s’efface visuellement grâce à une ouverture lumineuse au fond, éblouissante. Deux tubes néons luttent vainement contre cet appel lumineux. C’est la vie qui serpente, l’attraction vers le sol, la ligne de fuite ouverte…

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
01. Strange Days

02. Strange Days part.2

03. She is frail

04. Cobalt Thorium G

05. A Reflex

06. Interlude

07. Memento

08. Love like a Vampire

09. Adore

10. Only when

11. Nothing ever

12. Crush !

Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 76%

Site du groupe / MySpace :

La page du label (écoute et commande)

Be Sociable, Share!