VA – Gravity’s drop out

22 Sep 12 VA – Gravity’s drop out

Cette compilation est sous-titrée « morceaux pour des films qui n’existent pas. Elle fait partie des curated series, une présentation d’artistes menée par le projet PAS sous l’égide du label Alrealon. Ces artistes sont ceux avec lesquels PAS a travaillé ou collaboré et qui bénéficient d’une visibilité plus grande. On applaudit aussi les choix de PAS qui font que chacun des volumes présente une unité réelle de textures et d’ambiances. Sur le n°2 de la série, c’est Thorsten Soltau qui est mis en avant.

Le titre que propose l’Allemand a été conçu avec Herr Penschuck. Trois monologues récitatifs en allemand s’entremêlent . Trois couches de son distincts calfeutrent les voix : des couinements animaliers, de cordes en montagnes russes, une sorte de xylophone de verres. La montée progressive des cordes entraîne l’évaporation des voix, remplacées par des notes aigrelettes. La mélancolie est prenante, évoquant quelque chose comme l’image cliché que nous pouvons avoir de Vienne au début du XXème siècle. Après un interlude, la deuxième partie du morceau propose une voix unique au premier plan, narrative, et recycle les sons précédents sous effets hypnotiques (inversion, accélération, boucles, échos…). C’est quelque part une deuxième synthèse de la précédente vision, comme ce qui serait découvert lors de fouilles successives. L’essence d’une époque révolue ; sa réalité en même temps que le mensonge de son interprétation réductrice.

Auparavant, PAS ouvrait le disque de sa musique climatique, brouillardeuse, simple mise en oreilles discrète pour mieux laisser ses comparses prendre le dessus. Margitt Holzt propose une mélodie drôle, pas éloignée dans son objectif dansant des titres de The Grief, malgré un résultat foncièrement ambient et décalé avec des insertions bruitistes et industrielles ; répétitif et cassé. Herr Penschuck, seul, part d’un bon son de trompe de bateau dans une salle des pas perdus. Le final montre un solo d’obédience celtique, comme un départ pour le Nouveau Monde qui souligne tout ce qu’on abandonne derrière soi. Solitude.

Ebinger surprend avec des bribes de mélodie cantonnées à l’arrière-plan et des rythmiques qui empruntent aux scènes néo-tribales. Le résultat pourrait être un tube electro-world de belle facture, mais le choix de laisser au premier plan un climat ambiant évite cette facilité – dommage ? Ainsi, Ebinger ne livre pas une musique digérée pour les clubs lounge, mais offre une composition à savourer pour de vrai. Nika Son poursuite sur la même voie avec un titre « Jöusan » qui fera le régal des auditeurs coiffé d’un bon casque audio : son mixage est un plaisir, jouant avec un piano éloigné rapproché, des bruits de maison, des échos virevoltants et une spatialisation plus qu’intéressante. Ce field recording est ensuite métallisé, transformant les bruits du quotidien en une leçon de cuisine avec sifflets de vapeur. L’ouverture au monde en final propulse l’auditeur dans le hall d’une salle d’opéra. Que la fête commence !

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Tracklisting :
01. PAS «  To understand Colours »

02. Margitt Holzt « Bears head »

03. Herr Penschuck « The big Drift Transition »

04. Ebinger « Gramo Memo »

05. Nika Son « Jöusan »

06. Herr penschuck & Thorsten Soltau « Screening : Delfter Blau Simultan & Urmutter/Hohlspiegelgondolier »

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Note : 70%

Site du groupe / MySpace :

www.alrealonmusique.com

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