Ulver – Sic Transit Gloria Mundi EP

24 Mai 18 Ulver – Sic Transit Gloria Mundi EP

La musicalité d’Ulver est ancrée en phase récréative, du moins est-ce le regard que nous portons sur son actuel train esthétique. Nulle réprobation de notre part : n’allez pas croire que nous partirions du principe qu’Ulver n’a ni le droit de s’amuser ni celui de nous rafraîchir esgourdes ! Laissons intégrisme aux fiers de son corset.

L’impression d’une phase récréative naît sans doute de la photographie mentale que nous nous faisons de ce qu’est, au fond, Ulver : une noirceur âpre (le black metal des origines) ayant muté – très tôt finalement – en un clair-obscur sinueux, nourri de sources orchestrales, psychédéliques et synthétiques. Une substance éminemment subtile, et qui contient sa violence.
Or, sur leurs derniers enregistrements, Garm & co. laissent davantage parler leur inclinations pop et synth-pop. Une manière comme une autre de démultiplier les degrés : une partie de l’auditoire s’en amusera, une autre rongera son frein.
Mais « davantage » est un mot faible. Frontalement est sans doute plus juste : Ulver n’a à notre avis jamais été plus direct qu’aujourd’hui. Et il suit sa logique : les chansons évidentes de l’avant-dernier album The Assassination of Julius Caesar (2017) trouvent une continuité d’intention, un appendice, en ce nouvel EP abouti en septembre 2017 à Oslo (son finalisé le mois suivant par Martin Glover et Michael Rendall à London). Ulver prend soin de son art, et ne (se) lasse pas de surprendre. Demain est à ce titre moins certain que jamais avec pareils renards. Pour choses acquises, allez voir ailleurs.

Sic Transit Gloria Mundi présente une collection de trois titres (un petit quart d’heure). Les formats spéciaux lui vont bien, et donnent ici fulgurance à une attitude sonore chaloupée et séductrice. La synth-pop qui se déploie sur ce petit quart d’heure contient son référentiel, et c’est une manière simple de créer un cadre : la reprise de « The Power of Love » cadre, donc (ne me dites pas que vous ne savez pas qui a écrit ça ! [NDLA : le premier qui prononce le prénom Céline part au piquet]) mais si Ulver prend aux autres, il n’en reste pas moins inimitable : la patte de Garm & co. reste de vigueur, autant dans sa patine électronique que dans cette distance qui imprime un chant plus chaleureux ici que sur nombre d’enregistrements du projet.
Ulver, et c’est vrai pour la phase 2017-2018, est sans doute plus charnel, moins fantomatique sur ses derniers travaux que sur ces enregistrements pour lesquels se ressent vénération (Shadows Of The Sun, Messe) ; mais quelque chose, dans son filigrane mélancolique et son don orchestral, nous font l’aimer encore et toujours, en dépit des mutations. Garm est un garnement, et sa musique n’est pas que récréative. Sa musique est une question de style.
Ulver a une enveloppe.

> ULVER ONLINE
Facebook

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 75%

Site du groupe / MySpace :
Be Sociable, Share!