Trisomie 21 – Elegance Never Dies

23 Oct 17 Trisomie 21 – Elegance Never Dies

Plus de trente ans au compteur, et une attente qui ne se dément pas. T21 sait se faire désirer (Black Label est sorti en 2009) mais s’il remet le couvert, en général, c’est pour de bonnes raisons.
Alors que le groupe vient d’incorporer pour le live un certain Gregg Anthe (oui oui, de Morthem Vlade Art et In Broken English), le binôme donne l’image d’un groupe rasséréné et sûr de ses acquis avec ce onzième album studio, Elegance Never Dies, composé plus ou moins en secret.

Impression de retrouver des gens qu’on a quittés hier, mais qui gardent de la surprise en réserve. Néanmoins, le paysage est familier.
Car c’est peut-être dans ce sentiment de bricolage sincère et le désir de dire l’essentiel que se situe notre amour pour la musique du projet familial Lomprez. Ce sentiment que les choses se sont faites à l’instinct, en tâtonnant, en cherchant la justesse de l’harmonie, la juste couleur : ce truc chimique qui donne à cette pop froide sa fragilité et que l’on aime retrouver dans le mode opératoire d’autres, les plus connus restant – dans la catégorie à laquelle on pense le plus – New Order. Il n’y rien de superflu ici et l’orientation bouclée et posée de certaines constructions dit cette recherche d’essentiel (« Alice »).
Elegance Never Dies ne déroge pas à certaines constantes, qui fit que l’on aima les dernières productions studio de T21 : l’évidence et la mélancolie douce qui imprègnent ces constructions aux mélodies pop et sensibles ; cette voix qui flotte et se pose avec simplicité, pas forcément là où on l’attendrait (surtout dans la rythmique de son phrasé) ; ce nerf qui se retient (« No Man can imagine »).
T21 offre en 2017 une sculpture sonore mid/low tempo pleine d’intériorité. Parmi les exemples qui marquent : « Something else », « Over the noisy Keys », ou les synthétiques volutes, plus spatiales et angoissées, de « Is Anybody Home ? (part 5) ». Le bricolage de T21 excelle aussi à exprimer gravité (l’instrumental « During all these Years », auquel les aplats de piano et la percussion suspendue donnent grâce).

Le groupe dégage au fil du disque une force de conviction tout en ne prenant pas le chemin du spectaculaire : ces chansons demandent à être visitées et leur tonalité intimiste et froide offre au chant, plus charnel, un environnement qui protège sans cacher. Un bloc givré, dans lequel se meut un esprit.

C’est un beau disque, bien tenu, stylisé. Un disque qu’il fallait faire parce qu’il y avait à dire. Après 8 ans de silence, tout le monde n’en est pas forcément là.

> T21 ONLINE
Site officiel
Facebook

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 80%

Site du groupe / MySpace :
Be Sociable, Share!