Thighpaulsandra – The Golden Communion

23 Oct 15 Thighpaulsandra – The Golden Communion

Presque dix ans que cet album était en chantier, et il faut bien dire que le résultat est bien au-delà des espérances. Œuvre monumentale de deux heures, imprévisible de bout en bout, ce Golden Communion combine tous les genres auxquels Thighpaulsandra a touché dans sa carrière, comme s’il avait voulu tout mettre dans ce magnum opus : le krautrock, la pop, l’indus métal, l’électronique de pointe, la new wave, la musique contemporaine, le music hall, tout y passe. Ayant fait ses armes en collaborant avec Spiritualized, Julian Cope, Liz Fraser et surtout Coil, Thighpaulsandra est un musicien hors pair qui aime la fantaisie et l’instabilité. Ses pièces sonores sont toutes en transformation permanente, pourtant guidées par une seule vision épique, un peu dans le style des derniers opus de Scott Walker. La même théâtralité en découle.

Bien sûr, l’électronique expérimentale sert de base à ce périple – le disque n’est pas signé sur Mego pour rien – mais dès l’inaugural « Salute », l’ambiance se fait plus romantique, mélodieuse et climatique avant de partir sur du gros volume à la Nine Inch Nails. Il est d’ailleurs étonnant d’entendre à quel point le timbre de voix peut rappeler les meilleures périodes de David Sylvian. Écoutez plutôt « The Foot Garden », un des temps forts, qui passe de soundscapes abstraits typés GRM et de variations jazzy assurées par le duduk, un instrument arménien proche de la clarinette, pour nous amener vers une new wave sophistiquée et sensuelle de toute beauté. Parmi les autres perles, on pourrait citer « A Devil in Every Hedgerow », où le clavecin délicieusement baroque accompagné de la voix haute-contre de George McCarthy évolue vers une symphonie de foire aux monstres électronique et angoissante. « Misery » déploie aussi un univers halluciné, où le chant très classe lorgne cette fois plus du côté de Graham Lewis avant que le morceau ne se transforme en opéra rock, marqué par le psychédélisme sixties et le krautrock de CAN et leurs fameux soundtracks. En effet, ce psychédélisme d’avant-garde est peut-être un des éléments qui fait le lien entre toutes ces compositions, qu’elles utilisent un quatuor à cordes (« The Golden Communion »), qu’elles s’exercent à la pop opératique ou qu’elles partent dans des territoires de pure abstraction (« The More I Know Men, The Better I Like Dogs » avec la voix de John Balance). Le metal aussi peut pointer son nez aux moments où on s’y attend le moins (« On the Register »), tout comme la musique classique ou l’industriel, mais sans jamais laisser de côté le travail sur le son. Un périple où on ne s’ennuie pas une seconde.

Thighpaulsandra

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Note : 83%

Site du groupe / MySpace :

http://editionsmego.com/

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