The Smashing Pumpkins – Shiny And Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun.

18 Nov 18 The Smashing Pumpkins – Shiny And Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun.

Rick Rubin à la production, un Lars Ullrich (Metallica) épaté face au conte de la préparation studio par Billy Corgan (Billy causait à Lars dans le radioshow It’s Electric! mis en ligne à la mi-mai 2018), tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes : The Smashing Pumpkins étaient de retour, dans une configuration proche de celle des origines (retour au bercail pour Jimmy Chamberlin et James Iha), et le monde allait voir ce qu’il allait voir. Nostalgie, tu nous tenais bien.

Il y a bien eu le problème D’arcy : la bassiste historique ne ferait pas partie du groupe réinventé, c’est monté dans les tours par communiqués successifs et ce ne serait donc pas, en réalité, un Smashing Pumpkins 100% origins. Laissons aux protagonistes le véritable secret de leurs intestines querelles (la surface des choses ayant été assez médiatisée, pour qui veut chercher), et tirons-en le bilan a minima : l’effet du clash n’a pas été si dévastateur qu’il aurait pu. La marque The Smashing Pumpkins est trop forte pour que schisme ruine renouveau, en dépit du relatif préjudice d’image : revivre des moments proches de l’heure de gloire restait envisageable, même si rien ne serait plus comme avant. En tout état de cause, la marque Smashing Pumpkins a tant existé hors de sa configuration classique que tout bon fan serait fou de rechigner aux « retour des trois quarts » (causez-en donc aux suiveurs du Guns N’Roses en cours). Le groupe le savait, qui ne lésina pas. Et les premiers teasers et autres clips réalisés pour le retour firent dans le beau et, un peu, le déjà-vu.

Et puis vint le nouvel album, dont le line-up aujourd’hui reconstitué envisageait la réalisation depuis début 2018. Il y a bien eu un temps cette idée de sortir des formats EP successifs, mais le format album étant atteint à partir de trente minutes, Billy Corgan a semble-t-il évolué dans son approche au point de présenter assez de matériau pour que ce Shiny And Oh So Bright, Vol. 1 puisse bénéficier de l’affichage « format long ». Cf. Trent Reznor 2018. Car tout de même, il reste tout de même plus sérieux de tourner avec un « album » à défendre, surtout lorsque ton public compte un nombre non négligeables de quadras.
Mais et à l’époque du règne du single digital et de la musique à jeter, une chose est certaine : les « formats longs » de Smashing Pumpkins n’ont jamais été aussi courts. Huit titres en 2018 contre régulièrement quinze ou seize par le glorieux passé (quand le groupe ne sortait pas un double album ! – cf. Mellon Collie & The Infinite Sadness, vingt-huit morceaux) : modernes temps courent, et TSP d’adopter l’économie d’échelle. Point trop n’en faut, et Billy séparera l’expérience nouvelle en deux volumes. Plus digeste, et de quoi justifier le prolongement éventuel d’une expérience live. Une carrière se planifie un minimum, et s’adapter n’a jamais fait de mal à personne.

Mais ce nouvel album, qu’en reste-t-il ?
Tout dépend de de ce qu’attend celui qui reçoit, toujours la même histoire.
Vu d’ici, pas forcément l’épate. Une production un poil trop enrobée, pour au final moins de grandeur que d’antan, moins de grandiloquence aussi. Si le groupe a joué sur la fibre nostalgique avec l’annonce du comeback (opéré avec le fidèle guitariste post-origines Jeff Schroeder), Shiny And Oh So Bright, Vol. 1 / LP: No Past. No Future. No Sun. ne s’inscrit pas spécialement dans le passéisme. Passéisme étant un vilain mot, ne pas voir là angle critique. L’effet de l’annonce n’engage en promesses que ceux qui les ont imaginées. La réserve de surprises est choix le plus courageux qui soit, le plus honnête aussi et sûrement… mais c’est pour un groupe au passé pareil un choix à double-tranchant, surtout lorsque les chansons ne convainquent pas toutes… et loin s’en faut, comme c’est le cas avec ce Vol. 1.

Le résultat, clairement, laisse impression mitigée. Par moments se dégage presque celle que ce quasi-line-up classique de Smashing Pumpkins sonne aussi peu authentique que la moyenne des enregistrements des incarnations intermédiaires du groupe depuis 2007.
L’inventivité de Corgan reste prégnante, c’est indéniable. Mais sa versatilité éloigne témérairement le groupe reconfiguré de ces effluves en lesquelles se reconnaît une « patte ». C’est un choix, les hommes sont libres mais le sirop embouteille (« With Sympathy ») et les orchestrations tombent parfois dans l’excès. Un gros gâteau, la crème qui déborde : ce syndrome du trop qui cristallise dans le son et rappelle aussi ce qui a pu, de tout temps, agacer chez eux. Le cachet relativement dénudé et spleenesque d’un certain Adore (1998), sur lequel Rick Rubin avait aussi travaillé, est bien loin.

Ailleurs, et notamment sur les morceaux les plus enlevés – autrement dit lorsque le groupe renoue avec quelque réflexes – l’illusion opère. C’est le cas avec « Solara » ou « Seek And You Shall Destroy », qui termine le disque avec énergie, contrastant avec le très aéré « Silvery Sometimes (Ghosts) », qui aurait pu gagner à quelque épaisseur et stridence supplémentaires. En somme, ce Smashing Pumkins ne nous semble vraiment de retour que lorsqu’il joue la carte d’un éclat post-adolescent. Le gimmick, à défaut de surprendre, garde pour avantage d’offrir sécurité. Et cette différence de ressenti, qui renvoie tout fan à sa part de conservatisme, sonne à notre grand dam comme une condamnation de l’initiative. L’action de l’artiste impliquant de se libérer de toute contingence, sa méthode ne se discute pas mais le résultat ne nous convainc qu’à moitié. L’option retenue par Corgan & co. pour l’explosion de style est tout à la fois démarche de liberté, et ligne directrice tout sauf sécuritaire.
Être et avoir été, une angoisse face à la toile.

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Tracklisting :
Tracklist 

1. Knights of Malta (4:37

2. Silvery Sometimes (Ghosts) (3:30)

3. Travels (5:23)

4. Solara (4:22)

5. Alienation (5:01)

6. Marchin’ On (2:39)

7. With Sympathy (3:30)

8. Seek and You Shall Destroy » (2:45)

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Note : 60%

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