The Joy of Nature – The Empty Circle pt. III: Anitya

25 Fév 11 The Joy of Nature – The Empty Circle pt. III: Anitya

The Joy of Nature c’est d’abord un coup de foudre, on peut le dire comme ça, avec un disque, le vinyle deux titres The Shepherd’s Tea at 7, sorti en 2006. Deux morceaux où s’exprimait le talent d’un homme, Luis Couto, pour extraire de son vaste arsenal de cordes, cloches et autres trucs à bec des ambiances drone/folk que je m’étais plu à comparer à un grand halo de lumière blanche habitée d’esprits invisibles, de froissements, de murmures énigmatiques. Une invitation irrésistible à partir, au crépuscule, recueillir les dernières conversations de la forêt aux portes de l’endormissement.

Trois ans et une poignée de sorties plus  loin, dont une trilogie en bonne et due forme (The Empty Circle, dont Anitya est le dernier chapitre), on constate que rien n’a vraiment changé. On aimerait s’en féliciter, mais en fait de constance créative, c’est plutôt l’épuisement d’un filon qui guette. Un peu comme le film de trop qui fait basculer une franchise du culte vers le ringard. Le mot est trop fort, évidemment : Anitya n’a rien de ringard ; il s’inscrit juste avec trop d’insistance dans le recyclage des arrangements instrumentaux (rien qui ne renvoie aux travaux précédents), et au final ne parvient que rarement à tisonner le péricarde. De plus, des détails chiffonnent, comme l’usage saugrenu de spoken words pour le moins fadasses, ou de percussions martiales dont on voudrait très vite qu’elles cessent ; également le format court choisi pour les morceaux, qui ne permet pas à une ambiance de prendre terre. Mais ce n’est même pas un regret tant on a du mal à s’imaginer ce qui aurait pu être dit de plus et de mieux, comment la « magie » aurait pu bondir de ces fondations là.

On s’étire un coup, et on se dit que l’avantage d’une telle musique est de ne pas devoir se justifier de son absence de vertèbres. Elle tient d’un sofa qui se coule autour des fatigues et des envies de décrochage. Parfois on voudrait qu’elle se montre plus charnue, qu’elle nous résiste, qu’elle ait à nous convaincre de rester. L’instant rêvé que façonnait l’EP en claquant des doigts ne s’accommode décidément pas du format album ; encore moins du format trilogie, même si dans quelques années l’on s’arrêtera sans doute encore avec plaisir sur son second volet, le sous-titré Rastos De Sangue E Fragmentos Da Tradição et son chaleureux parfum d’Algarve médiévale qui rappelle certains moments d’Ataraxia. Anitya, lui, ne rassure vraiment pas sur la capacité de The Joy of Nature à se hisser, un jour, parmi les grands des musiques atmosphériques.

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Tracklisting :
1. A new dawn out of the noise

2. From the dark caves, part I

3. Impermanence

4. This floating world

5. Flames and ashes

6. At the fireplace

7. Joy in this world

8. From the dark caves, part II

9. Silence descending

10. The Empty Cloud

11. From the world of shadows to the light

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Note : 40%

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