The Eden House – Songs for the broken Ones

05 Juil 17 The Eden House – Songs for the broken Ones

Les forces que mobilisent autour d’eux Stephen Carey (ex-This Burning Effigy) et Tony Pettitt (Fields Of The Nephilim, ex-Rubicon, ex-NFD) servent un dessein musical clair : celui d’une musique puissamment romantique et nourrie de voix invitées, parmi lesquelles une permanence semble s’être naturellement instaurée : celle de l’ex-Faith & The Muse/Strange Boutique Monica Richards, présente sur le cru 2017 sur un total de sept morceaux. Un niveau d’implication de nature à réjouir – certainement – des afficionados.

Mais Monica, élément marquant, reste installée dans quelque chose de collectif. Un ordre des choses, une nature qui persiste ardemment et dépasse les personnalités composant l’ensemble. L’histoire du projet s’est partiellement bâtie sur son optique d’invitation et le champ reste plus ouvert que jamais à de nouvelles participations. Car pour si nombreuses, par le passé, qu’aient été les voix à marquer l’histoire de leur empreinte (Julianne Regan [All About Eve], Amandine Ferrari [Banished], ou encore Evi Vine), de nouvelles présences hantent aujourd’hui le spectre : Louise Crane, Kelli Ali de Sneaker Pimps (eeeeh, oui), Lee Douglas (Anathema) et enfin Meghan-Noel Pettitt (épouse de Tony, tous deux semblant aujourd’hui développer une communauté d’écriture en dehors de The Eden House).

La liste des collaborateurs du projet, autres et strictement musicaux, parle aussi.
C’est un collectif certes animé par Pettitt et Carey mais qui, dans le temps, a fédéré autour d’une intention commune, des forces marquantes des mouvances sombres, romantiques voire glam ayant marqué plusieurs décennies de la fin du XXe siècle : Simon Hinkler (The Mission), Phil Manzanera (Roxy Music), Peter Yates (Dukes of Hazardous Waste, ex-Fields Of The Nephilim), Paul et Wright (Last Rites / ex-Fields of the Nephilim) ou encore Stevyn Grey (Christian Death / Mephisto Walz). Impossible de citer tout le monde, mais vous voyez à peu près le paysage. En 2017, Hinkler est toujours là, et le groupe ne saurait non plus se passer des cordes de Bob Loveday. Nous nous en réjouirons.

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Au vu de la démultiplication des forces, The Eden House a su développer un sens réel de l’organisation, du travail d’équipe et des objectifs. Sa productivité est régulière, inversement proportionnelle à celle du groupe « historique » de Tony : un Fields Of The Nephilim au sein duquel il est revenu et que l’on attend – désespérément – au virage depuis la sortie du Mourning Sun accouché en 2005 par l’exigeant Carl McCoy et son faiseur de son de l’époque, John Carter.

Tony et Stephen accouchent avec Songs for the broken Ones d’une collection inscrite dans la droite lignée des opus précédents : les orchestrations sont soignées, sans être luxuriantes. Leur fruit est beau et surtout, touchant : la force d’ambiance qui se dégage de ces mélopées, puissantes, maintient un niveau d’écriture singulier et une qualité de couleur. Une brique de plus : la discographie de The Eden House s’étoffe sans cesse, dans une cohérence de style nullement bousculée par la multiplication des participations extérieures. Il y a là traduction d’une authentique direction artistique et d’une force de vision au service de laquelle se mettent les participants. C’est un jeu à plusieurs, volontariat et savoir-faire partagé. Les tournures hypnotiques sont plus que jamais à l’œuvre, marquées par la présence de Monica (« Words And Deeds » est une prouesse, cette chanson vous suivra partout).

Le reste des voix est pris en charge par Meghan-Noel (« The Ghost of You » et le final « The Arden Tide »), Louise (« Misery », et le titre final de même), Lee Douglas (« It’s just a Death », aux boucles fascinantes) et enfin Kelli sur « Kiss Kiss Bang Bang ».
Cette alternance de gorges à la périphérie du cœur dominé par Richards crée en surface de sensibles variations en même temps qu’une patine harmonieuse, marque de toute la sculpture. Les guitares enveloppantes et ciselées par Carey (complétées de celles, sur un morceau chacun, de Simon Hinkler et Valerio Lovecchio) restent pour leur part dans cette chape délicate et aux confins du psychédélisme. Leurs éclats romantiques viennent en dorure des espaces, dont le spectre s’élargit au gré des basses spatiales et toujours aussi typiques du jeu de Pettitt.

Ainsi The Eden House campe-t-il avec brio sur cette orientation « planante » qui sous-tend l’ensemble de son œuvre. La puissance rentrée du collectif s’exprime alors avec une réussite qui impressionne (« 12th Night », « Ours again ») et si la sortie du single « Verdades » a présenté un Eden House « hispanisé » et dans une dynamique plus rentrée que frontale, ne doutez pas de la capacité du groupe à envelopper, peser, saisir. Les cordes discrètes de Bob Loveday et les guitares acoustiques donnent au son cette particulière distinction et le collectif, au final, publie certainement là l’une de ses œuvres les mieux tenues et stylistiquement éclatantes.

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