The Black Painters – All the sad and stupid Songs of all time seem written for me now

06 Nov 16 The Black Painters – All the sad and  stupid Songs of all time seem written for me now

Matthieu Miegeville revient avec un nouveau projet. On l’avait suivi avec My Own Private Alaska et Agora Fidelio (en plus de l’inaugural Psykup) et une nouvelle fois, il laisse libre court à ses penchants pour le piano.

Sauf que… désormais, c’est le pianiste Rémi Panossian qui forme l’ater-ego de Matthieu et le résultat est souvent à la hauteur des possibles.

La voix a gagné en profondeur avec l’âge. Magique dès les premières mesures de « Drink on », elle se révèle dans les tonalités les plus graves, très proche dans ces moments des récentes sorties de Leonard Cohen (« I will mary you one Day » et « The minor G »).

Le duo piano-voix ne sonne jamais minimal : les pistes sont multipliées pour des effets intéressants (voix doublée dans les graves, par exemple). Le piano joue souvent une partie essentiellement rythmique et forte, avec un jeu mélodique qui fait régulièrement la part belle aux dysharmonies ou aux refrains raccrochés de force (« John Lennon in your Eyes »). Lorsque des notes lead se font entendre, la vélocité est de mise, en jeu répétitif, mais marquée par le jazz, comme un accouplement entre Nyman et Squiban (« JL in your Eyes »).

Un métronome vient ici souligner la cadence, basculant dans le contrepoint sur l’énorme « I will mary you one Day », premier tube en puissance de ce disque. On regrette le besoin qu’a eu Matthieu de pousser sa voix en cris d’obédience metal car le léger éraillement qu’on entend parfois suffisait. Là, c’est un rythme comme celui des doigts et main sur la caisse de résonance d’une guitare qui donne l’entrain de « Just a matter of Time ». La voix est passée comme à travers un mégaphone et le clavier est régulièrement plaqué, on retrouve dans cette vivacité de la manière de Squiban pour un résultat hanté, très beau qui joue avec la désaxe des êtres…

Passons rapidement sur trois titres à mettre de côté selon moi : « Good Morning I am you » sirupeux, aux accords plaqués puis à faible volume pour un objectif un peu pompier ; « Paris May », ouvertement jazz et qui joue avec les codes de façon trop appuyée et « The minor G » qui, malgré ses très belles paroles (qui offrent au disque l’un des meilleurs titres de cette année !) donne dans l’exercice au second degré, avec une redondance entre paroles et musique pas très utile.

Glissons donc vers le deuxième tube, « Will you kill forever ? » dans lequel la voix porte mieux : les vocalises se font spirituelles et sacralisent le message. Loin de l’anathème vengeur contre les tueurs, on a ici l’affirmation de la vie et de l’amour. Le pont avec le piano en maître de cérémonie permet à Matthieu de basculer dans le murmure. C’est très touchant.

Enfin, un dernier atout surgit avec « The best Fall » : on songe d’abord au « Death of a Supernaturalist » de Divine Comedy repeint en noir avant que la voix ne prenne son envol. L’émotion est belle, le chant se lâche et on a beaucoup de variations mais non calculées, elles sont évidentes. La montée en puissance est naturelle, avec un jeu sur le silence et les ruptures dans un morceau à la structure habilement travaillée.

Une fois débarrassé des trois clins d’œil qui à mon goût dénaturent ce que ce projet a de singulier, Matthieu tient là les moyens d’une expression à son envergure.

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Tracklisting :




01. Drink on

02. John Lennon in your Eyes

03. I will mary you one Day

04. J.A.M.O.T.

05. Good Morning I am you

06. Will you kill forever ?

07. Paris May

08. The best Fall

09. The minor G

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Note : 70%

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