Sylvgheist Maëlström – Pripyat

09 Mai 14 Sylvgheist Maëlström – Pripyat

Toute la science rythmique de Sylvgheist Maëlström, projet basé à Paris, se déploie sur ces enregistrements concoctés entre Rouen et la capitale, à cheval sur 2013 et 2014.

L’initiative de ce sound design a été prise sur la fin du siècle dernier en terres suédoises. Parti de la thématique d’une entropie environnementale au-dessus de laquelle nul humain ne devrait imaginer être en mesure, même un seul jour, de placer son petit moi (n’espérez fourguer au protagoniste principal aucune came anthropo, a priori ce n’est pas vraiment son truc), Sylvgheist Maelström fonde sa démarche sur un beat sinueux et hypnotique. Le son, technoïde, IDM et enveloppant, a un potentiel dancefloor (« Ajka ») et minorant aujourd’hui moins le critère mélodique qu’il a bien voulu le dire. La technologie ainsi déployée ne force pas sur sur le caractère sombre dans la création d’ambiances : c’est davantage en clair-obscur que s’échafaude ici le son du projet, formant une « zone en gris » dont la teinte mal définie et oscillante ne rend que plus crédible (car se situant hors du champ de la caricature) le questionnement sur la relation de l’humain à son propre environnement. La forme, rigide, porte le trouble. Rôles supposés, attribués à l’homme : perturbateur, potentiel destructeur. Deep ecology, mon amour ? Rien ne le dit, en tout cas ouvertement. Plutôt que de partir sur la théâtralisation d’une dramaturgie apocalyptique, Sylvgheist Maëlström ambitionne de poser les choses et de s’approprier le sujet, même si certaines de ses créations seront réinventées lors de deux remixes en guise de final. L’inquiétude et l’angoisse oui, la mise en forme d’un fantasme non. Ce qui rend l’initiative d’autant plus pertinente – avec, en bon corollaire, une angoissante suggestion.

Cela étant et si le son se fait plus digeste, SM conserve une nervure essentiellement electro et expérimentale, ce dont témoigne la sculpture sonore introduisant « Agbog Bloshie ». Le projet en réfère encore et toujours à l’héritage industriel par l’intégration de saturations à la fabrication du beat, pour mieux opérer tout autour un surlignage textural et qui offre à ce machinisme une aura renouvelée. L’exigence mise en œuvre pour Pripyat aboutit alors à une forme de beat music puissante et capable de variations, matériau sonore servi en l’occurrence par un visuel de grande beauté signé Bertrand Robion.
Un vrai, bel artisanat technologique.

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