Swesor Bhrater – Prémices

20 Août 16 Swesor Bhrater – Prémices

On doit dire qu’on attendait depuis un petit moment un vrai premier album du projet Swesor Bhrater. Depuis 2012, le projet de Victor-Yann (également actif au sein du duo Bruta Non Calculant) parsemait de-ci de-là des titres sur des compilations et le spectre musical était tellement large qu’on avait envie de s’y plonger entièrement. Mêlant influences folk, cold wave, electro, expérimentales, Swesor Bhrater aurait pu être une entreprise qui part dans tous les sens, et bien au contraire, il s’en dégage une cohérence absolue, mais qui ne se limite pas à un seul type d’instrumentations ou de compositions. Prémices en témoigne avec brio. Commençant sur des nappages ambient cosmiques (« Feu du ciel »), l’album touche d’emblée au rituel et aux éléments de la nature. On comprend d’emblée que chaque titre ne va être qu’une étape dans un parcours processionnel. Le chemin sera fait d’ombres et de lumières jusqu’à l’arrivée (« Bring me Light », « C’est une ombre »). Le disque alterne d’ailleurs constamment des morceaux plus sombres, inquiétants (la mélopée infantile trouble d’ « Exil ») avec d’autres, beaucoup plus limpides et radieux. « Never Land », par exemple, se situerait plus dans la veine angoissante, avec ses bruitages, percussions sourdes et boîtes à musique de film d’épouvante, alors que le suivant « To Be Her Sun » – sans conteste le tube de l’album – opte pour le céleste, le solaire et l’entraînant avec ses claps synthpop et son chant éthéré.

Une des forces du projet est, en effet, d’avoir su intégrer un psychédélisme kraut typé 70’s, une electro old-school, un romantisme cold bien eighties mais aussi une folk ouverte à toutes formes de croisements et souvent très mélodieuse. L’adaptation d’ « Ophelia » – un texte d’Arthur Rimbaud – entre étrangement en résonances avec une pop contemporaine qui préfèrerait les guitares acoustiques, accordéon et hautbois, plutôt que l’instrumentation rock habituelle. Une autre figure poétique hante ce disque, c’est le poète irlandais W. B. Yeats dont le lyrisme post-romantique et mystique appuie la dimension ésotérique et occulte de cette traversée. Textes récités sur ambiances post-apocalyptiques (« Ceux qui ont médit », « C’est une ombre »), rock épique aux relents dark wave (« Fowles in the Frith »), electro minimale (« Those images », « By the Waters »), hymnes celtiques pour biniou, flûtes et bodhran (« Bear me away ! »), on passe de titres définitivement dansants à des ballades mélancoliques qui sauront parler aux amateurs de néofolk (« You are falling » fait d’ailleurs penser à Sol Invictus et remplit toutes les cases pour appartenir entièrement au genre). Cette diversité est au bout du compte la plus grande qualité du projet. On ne s’ennuie jamais, et la vision d’ensemble est tellement pensée que rien ne semble hors propos. Un disque qui fait du bien quand d’autres se contentent d’aligner des variations permanentes sur des mêmes accords et des mêmes sons.

swesorbhrater.com/

coverswesorbhrater

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Note : 80%

Site du groupe / MySpace :

http://www.hieratique.com/

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