Surtr – World of Doom

25 Juin 11 Surtr – World of Doom

Les combos de doom traditionnel ne sont plus légion, les nouveaux venus mixant généralement le genre avec des courants gothiques voire du métal plus extrême. Surtr fait donc un peu figure d’ovni dans le monde de la musique actuelle. Notre trio lorrain semble vouer un culte aux Troubles, Candlemass ou autre Reverend Bizarre. World of Doom , leur long concept album n’est composé que d’une longue pièce découpée en cinq chapitres. Petite respiration au milieu du concept, « Doom over the world » une reprise de Reverend Bizarre. Autant le dire de suite, il faut vraiment être fan de doom traditionnel pour écouter l’album d’une seule traite tant l’ensemble est dense: les mêmes riffs monolithiques étant utilisés du début à la fin, ponctués de quelques accélérations, ruptures de tempo et petits solos de guitares.

Faute de moyens, probablement, le son est comme le style lui aussi d’un autre âge; propre mais manquant singulièrement de profondeur. Du coup malgré ses velléités malsaines, on ne frissonne jamais à l’écoute de World of Doom. Black Sabbath, quarante ans plus tôt, sur son titre éponyme faisait davantage d’effet et pourtant la production n’était pas vraiment ce qui se fait de mieux. Je sais, il faut comparer ce qui est comparable pourtant Régis et Julien, batteur et bassiste du combo, devraient s’imprégner un peu plus du jeu de leurs ancêtres. Avec une musique aussi lente et répétitive, le groove est primordial pour donner un côté humain et on est ici malheureusement à des années lumières des performances incroyables du duo Ward/Butler. On pourrait presque en exagérant un peu, les remplacer par une boîte à rythme. Cette faiblesse rythmique pourrait passer dans un style plus “léger” mais avouez que dans une démarche doom, cela ne le fait pas vraiment. Jeff, de son côté fait ce qu’il faut à la guitare, surtout dans le cinquième chapitre, où il daigne se lâcher un tout petit peu nous montrant ce qu’il a dans le ventre. Il pourrait peut être laisser Julien s’exprimer davantage à la basse en agrémentant son jeu de quelques arrangements, définitivement les grands absents du programme. Passons maintenant à ce qui fâche: le chant. En effet, niveau vocal, on frise l’amateurisme. C’est la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà bien plein. Où sont passés le côté aliéné d’Ozzy et l’âme d’un Messiah Marcolin ? Jeff nous balance des vocaux monocordes, sans émotion et même parfois à la limite de la justesse. C’en est trop et malgré la meilleure volonté du monde et le plus grand respect pour le style ici pratiqué, on ne peut que rendre les armes.

Trop d’écueils sont à déplorer pour se laisser emporter dans le monde de World of Doom. Le concept est pourtant intéressant avec une intensité hypnotique allant crescendo mais reste trop scolaire pour interpeller sur le long terme. Un vrai chanteur ne serait pas du luxe pour apporter consistance et de vie à l’univers de Surtr qui j’espère poursuivra son parcours initiatique afin de nous offrir un nouvel album à la hauteur de ses ambitions et des ses (bonnes) idées conceptuelles.

 

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Tracklisting :
1. World of Doom – part I

2. World of Doom – part II

3. World of Doom – part IIII

4. Doom over the world (Reverend Bizarre cover)

5. World of Doom – part IV

6. World of Doom – part V

 

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Note : 59%

Site du groupe / MySpace :

http://www.surtr.net

http://www.myspace.com/surtrdoom

 

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