Stefan Wesolowski – Rite of the End

07 Mai 17 Stefan Wesolowski – Rite of the End

Second disque du compositeur polonais à paraître dans la collection Mind Travels d’Ici d’ailleurs…, Rite of the End pourrait, comme son nom l’indique, s’apparenter à un requiem. Mélancolique, presque élégiaque, le disque n’est en revanche jamais lugubre, en appelant plutôt à une grandeur et une élévation. Wesolowski continue son exploration d’une musique belle, contemplative et mystique, où arrangements de cordes et nappages électroniques se côtoient, faisant le pont entre les musiques nouvelles, le post-minimalisme contemporain à la Max Richter, le drone et le dark ambient. Souvent glacées, les six pièces rassemblées instaurent une forme de rituel, notamment dans leurs structures toujours basées sur des montées en puissance. L’apocalypse est en marche, et le symphonique peut atteindre une densité carrément noise. Dès le « Prelude », une lenteur s’impose, une tension aussi. Les drones créent un climat inquiet, et quand les cuivres entament leur triste mélopée, on pense de suite au « Ascension » de Dead Can Dance, avant que les cordes et sons électroniques s’épaississent encore et encore.

« Frame II » fait la part belle aux violons. Le côté soundtrack se précise, quelque part entre un Yann Tiersen en mode spleen et les pièces les plus désolées de la collaboration Nick Cave/Warren Ellis. Là encore, Wesolowski joue sur la densité et des couches qui se superposent pour une émotion démultipliée. Dès « Rex, Rex! », les mélodies laissent la place à des évocations climatiques d’espaces immenses et hivernaux. Les sons, plus abstraits, y sont travaillés avec une grande finesse, alors que résonnent des tambours au loin. On peut reconnaître des effets de reverse mais la symbiose entre instruments acoustiques et bruitages digitaux y est d’une grande précision. Les vagues froides nous submergent peu à peu jusqu’à des crissements aigus et terrassants. Au final, c’est au dark ambient aquatique de Troum que l’on pense sur « Rite of the End » avec ses graves vibrations et ses lentes complaintes inquiétantes. Parfois aussi, on peut distinguer quelques percussions discrètes enfouies dans la masse sonore.

L’ambiance maritime et de banquise et la sensation d’élévation se poursuivent dans « Seven Maidens » où quelques notes de piano minimales laissent ensuite place à des arrangements comme seul Wesolowski en a le secret, porteurs d’une transcendance, l’acceptation d’une renaissance, choisissant la spiritualité plus que la morbidité. L’élan se fait encore plus mystique dans « Hoarfrost II », un morceau puissant, qui emporte loin, utilisant avec dextérité la saturation en étrange osmose avec l’émotion des cordes.

Un grand disque et un fantastique voyage, sombre et sublime à la fois.

http://www.icidailleurs.com/

Image de prévisualisation YouTube

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 82%

Site du groupe / MySpace :

http://www.icidailleurs.com/

Be Sociable, Share!

Laisser une réponse