Sophia – Unclean

23 Mai 16 Sophia – Unclean

Deux chroniques valent mieux qu’une, surtout lorsque l’événement l’impose : Si Emmanuel « Nephilim » Hennequin a publié quelques belles lignes pour célébrer la sortie d’Unclean (cf. Obsküre Magazine #28), l’album méritait un supplément, un autre éclairage de ténèbres, d’autres éloges…

Depuis The Collective Works 2000 – 2003 (2010), une compilation qui regroupe la quasi-totalité des travaux du projet emmené par Peter Bjärgö, l’entité Sophia ne s’était pas manifestée et semblait appartenir au passé. Dernier album en date : Deconstruction of the World, sorti en 2004 (un des premiers travaux d’ailleurs du label Cyclic Law, estampillé le « 4th cycle »). On ne croyait plus au retour de cette sommité du dark ambiant, aux constructions sonores apocalyptiques, martiales et suffocantes.

Depuis, certains éléments sont venus enrichir la connaissance d’un des personnages les plus discrets, mystérieux et emblématiques des scènes dark. À la lecture d’une récente interview, on apprenait que le leader suédois d’Arcana était diagnostiqué « bipolaire de type 2 » et que son inspiration et ses envies restaient tributaires de la maladie. Au gré des fluctuations de cette dernière, les compositions prenaient vie, évoluaient et que finalement… les disques sortaient sans qu’on s’y attende vraiment (l’occasion de rappeler que l’homme a également sorti deux albums magistraux sous son propre nom : A Wave Of Bitterness [2009] et The Architecture of Melancholy [2011]).

Très orchestral et pour le moins accessible (par rapport aux travaux précédents), Unclean appartient à ces albums dont l’immersion nous rapproche de la fin du monde imaginée par l’auteur. Une dramaturgie ambiant dont les mouvements glacent le sang, questionne sur le passé, le présent et le futur de l’Humanité. On note immédiatement une présence vocale féminine, celle de Cecilia Bjärgö, qui en plus de sa contribution à Arcana, accompagne son mari dans ses plus sombres contrés. Le travail est soigné, pensé pour définir le mal et soutenu par deux anciens collaborateurs de Bjärgö ayant participé aux premiers albums de Sophia, Per Åhlund, Stefan Eriksson. Les voix occupent un espace considérable, décodent l’infini malaise (« Steel Cathedral »), le crissement des machines impose l’âpreté du propos, le rythme prend parfois une dimension cérémoniale et tragique (« The Unclean »). Les forces obscures surgissent, s’accumulent et donnent accès à des espaces où la négativité domine et les percussions résonnent dans l’écho de nos peurs les plus indicibles. Dantesque et menaçant, Unclean réussit le tour de force de terroriser l’auditeur… sans oublier de le passionner.

Disponible en trois versions (CD : 1000 ex, LP : 500 ex, Cassette : 100 ex), Unclean est forcément un album éprouvant émotionnellement, d’une noirceur inquiétante, miroir d’une vision d’un monde périssant, que rien ni personne ne pourra jamais colorer. Hermétique parfois, mais jouissif à chaque instant. Écoute au casque imposée, terreurs nocturnes assurées.

 

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Tracklisting :
1 Unclean 4:04

2 – 0:51

3 Quiet Darkness 4:59

4 Greed Grin 4:04

5 – 2:41

6 The Drunk 1:42

7 Wardrobe 3:55

8 Steel Cathedral 3:44

9 – 1:18

10 Nothing There, Nothing Left 2:52

11 Where Steel Meets The Flesh 4:45

12 Mortus Mantrus 2:39

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Note : 88%

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