Solace Of Requiem – Casting Ruin

02 Août 14 Solace Of Requiem – Casting Ruin

Solace Of Requiem est un groupe extrêmement talentueux. Chacune des neuf compositions de ce quatrième disque respire le travail. La mise en place des riffs entrecroisés sur le plan rythmique, puis de chaque solo de guitare et de chaque instrument sur le plan sonore dénote une conscience aiguë des attentes qui sont les leurs et de leur capacité à bien employer les moyens donnés pour faire entendre leur vision. Ils sont allés au Mana Studio en Floride, avec Brian Elliott derrière la console, l’homme qui a travaillé sur les rééditions de Dying Fetus, sur le My Life, my Way d’Agnostic Front ou sur Inevitable Collapse in the Presence of Conviction de Soilent Green. Un homme aux oreilles élargies, celui qu’il fallait à Solace Of Requiem.
Car ce que veulent Jeff Sumrell, Dave Tedesco et Richard Gulczynski, c’est le Graal des métalleux : ne pas jouer bêtement un seul genre extrême en singeant les grands noms, mais donner leur vision de cette musique en renouvelant le genre. Pour cela, le trio se fait forgeron à six bras, à l’instar de la démoniaque créature peinte par Roman Meixner qui illustre leur nouveau disque. Il y a des intros spectrales (« Casting Ruin »), d’autres bien mélancoliques (« Wading into Mire »), des vocaux déchirés caverneux comme les réclament les fans de grindcore, d’autres parties s’alternant en vociférations black du plus bel effet. Les guitares heavy à chaque solo me gênent, ainsi que la dimension trop synthétique de la batterie qui s’acharne sur un mode ultra-rapide trop redondant (l’effet trigger, peut-être). C’est pourtant de cette volonté constamment innovatrice que viennent les grands moments de ce Casting Ruin. Il faut admettre les maladresses de goûts (chacun les siens, ceci dit) pour se repaître de soudaines fulgurances.
Dans « Song of Shards », des nappes de violons synthétiques alourdissent avec bonheur le propos ; le ralenti de « Wading into Mire » suivi d’une accélération et de breaks alambiqués détruit bien la nuque ; les envolées néo-symphoniques sur les tablas transcendent le même titre ; grande force aussi des nappes qui chauffent le solo de « Heaving Bile and Ash » ; la dimension acoustique nimbe la partie centrale de « Pools of Ablation » dans une dimension progressive réussie… ce sont les points très positifs de ce disque.
Dans leur recherche de singularité, les membres de Solace Of Requiem ont composé un puzzle des musiques extrêmes et ils ont œuvré pour que chacun y trouve son compte. Cependant, pour l’instant, l’envie reste encore grande de casser les schémas qu’ils ont établis de façon à admirer certaines pièces indépendamment de celles qui les entourent. On saluera donc comme il se doit la volonté et le travail en attendant une extension plus flagrante du talent en un tout plus cohérent.

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Tracklisting :
01. Defiling the Spectrum

02. Casting Ruin

03. Soiling the Fields of Putridity

04. Song of Shards

05. Wading into Mire

06. Eroded Absolution

07. Heaving Bile and Ash

08. Pools of Ablation

09. Bio-Alchemy (instrumental)

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Note : 60%

Site du groupe / MySpace :

http://www.solreq.com/

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