Sirenia – The Enigma of Life

09 Fév 11 Sirenia – The Enigma of Life

C’est pas qu’on espérait. Mais bon, le groupe qui a pondu At Sixes and Sevens, même s’il n’a pas tardé à couler dans l’inepte et le diabétique, on a toujours tendance à en attendre un sursaut. Une prise de conscience ; qui aurait pu être amorcée par un très correct premier album de Mortemia, projet solo de Morten Veland qui a su nous séduire au moins un peu, quelques mois avant ce nouveau vautrage qu’est The Enigma of Life.

Sirenia fait dans le concret, hein. On se farcit toujours des imaginaires « gothicisants » –  si vous permettez – qui comptent sur le chant féminin et les mignonnes orchestrations pour se révéler majestueusement à notre esprit. Le cocktail poppy du metal symphonique de Sirenia semble presque sclérosé par son professionnalisme, tant rien ne dépasse sur les côtés. Production impeccable, structures millimétrées, refrains calibrés, chorales religieuses : Morten Veland ne laisse rien au hasard, et chacun des titres de The Enigma of Life s’affale avec brio dans tous les poncifs d’un genre qui commence très franchement à fatiguer, à force de redondance et d’involontaire auto caricature. Bon, il y a bien deux trois moments qui réveillent notre cœur de sucre – un « All my Dreams » à l’adorable refrain tristounet, ou un « The Enigma of Life », ZE ballade tristounette (oui, encore) et progressive. Mais ne nous laissons pas attendrir, gardons toute notre lucidité : à moins de vouloir consommer avec The Enigma of Life un plaisir coupable, une illustration musicale très facile pour jeu de rôles ou un petit instant de nostalgie – du genre « ah, à mes débuts, qui sait, ça m’aurait peut-être fait fondre…Dieu que j’étais naïf » – voilà un album tout en plastique, sans la moindre aspérité, qui au lieu de nous faire simplement conclure qu’il ne changera pas l’histoire de la musique, nous donne plutôt envie de dire que l’histoire de la musique s’en serait volontiers passée. La scène metal lyrique à chant féminin aurait bien besoin d’un nouveau chantre qui en modifierait cette vision gentiment miteuse que l’on en a, la faute à des indigences qui comptent Sirenia et un grand nombre de ses homologues stylistiques. Il est loin le beau temps, le temps de la sensibilité, le temps de la force noire et jubilatoire. Celui d’At Sixes and Sevens.

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Note : 30%

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