Simple Minds – Walk Between Worlds

25 Fév 18 Simple Minds – Walk Between Worlds

L’histoire a commencé il a plus de quarante ans (1977) et elle ne se refait pas : Simple Minds, de Glasgow, n’est plus un groupe au sens propre du terme depuis un bail, s’il l’a jamais été.
L’apparition – éventuellement récurrente – de certaines personnes dans cette populaire histoire écossaise (exemples au hasard : Derek Forbes, Mel Gaynor [Mel en est encore sur le nouvel album, mais ne devrait pas assurer le live]), trace quelques fils rouges autant que de ruptures dans le son. Il n’en reste pas moins : aujourd’hui, la marque Simple Minds s’apparente à un espace artistique plus ou moins participatif, dont l’horizon se trace au gré des désirs des seuls membres originels Jim Kerr et Charlie Burchill. Dernier sorti : le claviériste Andy Gillespie, parti semble-t-il au début de l’an 2017. Un membre récurrent, quasi-permanent depuis 2002, dont l’absence est compensée par des claviers cette fois concoctés par Burchill et (sur deux titres) Owen Parker. Pas mal de voix ont aussi été ajoutées pour 2018 à celle de Kerr, pour le détail du moins : celles de Catherine AD (The Anchoress), Hatty & Emily Parker, Andy Wright, et la fidèle Sarah Brown. Simple Minds est un espace collaboratif.

Et nous sommes en 2018, donc. Une histoire qui ne finit jamais vraiment. Walk Between Worlds.
Huit titres. Deux fois quatre, en somme : un CD qui cache un format vinyle, mais que complètent trois bonus sur la version deluxe (deux inédits studio : le dansant « Silent Kiss », moins émouvant que le mid-tempo « Angel underneath my Skin » [écrit par Mark Kerr et Erikah Karst], auxquels s’ajoute une dispensable reprise live du classique « Dirty Old Town », définitivement popularisé par The Pogues). Un contenu originel assez ramassé donc, alors que le projet studio 2018 impliquait initialement la sortie de deux albums, dont les titres de travail étaient Utopia et Nostalgia.

2018, donc.
Difficile de ne pas faire le lien entre certains choix de production de l’actuel Simple Minds et le U2 d’aujourd’hui. Pas le plus enthousiasmant, dans nos termes.
Un enrobage – terme choisi – minutieux soigne chaque son. A défaut de rester jeune, essayer de faire jeune – dit autrement : ne pas risquer de sonner daté, au risque de l’excès de gomina. Quelques rutilances (certains traitement de voix nous restent insupportables) et les arrangements initiaux de « Barrowland Star » disent quelque chose de ce refus de vieillir mais Walk Between Worlds (dix-huitième album du groupe) peut au moins se targuer d’être un produit extrêmement bien fini et, disons-le, radiophonique. Simple Minds aime les radios depuis longtemps, qui le lui rendent bien. Walk Between Worlds : pas forcément le plus mauvais des produits depuis cette période de travaux discutables entamée dans les années 1990.

L’album a sa force : il enquille une série de mélodies immédiates et qui, pour certaines, fonctionnent bien. Ce ne sera pas la première fois fois que l’on se dit que Simple Minds sait autant réussir ses coups qu’il questionne le bon goût (cf. l’album Black & White 050505, quelques bijoux et de notables ratages [2005]). La concision des nouvelles structures et la récurrence des motifs mélodiques, maintiennent une codification sonore et à l’évidence, Burchill et Kerr ont tendu à l’efficacité maximale. La flatterie n’est pas loin, parfois. Les reliefs digitaux, les effets de boucle et la recherche de mélodie font souvent appel à la culture des clubs (cf. le titre éponyme) sans se résumer à une musique purement dancefloor. Les détails orchestraux, quant à eux, veulent maintenir Simple Minds dans une posture romantique voire cinématographique. Recherche de spatialité et de grandeur. Ça fonctionne tant que ça ne tombe pas dans le gnan-gnan. Pourquoi, par exemple, terminer l’album sur une ballade telle que « Sense Of Discovery » ? – mystère, mais le prix se paie à hauteur d’un final mièvre. Avant, il y aura pourtant eu de bons moments, quoique l’on puisse regretter des choix de production : « Magic » remplit son office en introduction de l’album, et vous danserez dessus si vous en acceptez le principe. Alors quoi ? Eh bien en dépit de ce petit sentiment de facilité et de surcharge que le disque laisse derrière lui, impossible de ne pas trouver sympathiques certaines embrassades et quelques restes d’héroïsme. Plaisirs simples.

Le bilan n’est pas au désavantage de ce Simple Minds-là, même si demeure l’impression que la messe est dite. Un groupe s’entoure, mais le sérieux d’une démarche n’empêche pas de céder à quelques facilités.
La première partie du cru 2018 reste sans doute plus efficiente que la seconde. Certaines chansons prendront néanmoins des lauriers et fonctionneront sur scène (« Magic » mais aussi « Summer », un temps préempté semble-t-il par Kerr pour son projet Lostboy !). La gestion des volumes a elle aussi ses mérites, en dépit du « trop » : l’espace laisse aux guitares de Charlie (complétées sur le disque par celles du récurrent Gordon Goudie) le soin de donner distinction au son du groupe, que sert aussi un chant fort correct signé Jim Kerr. La tenue de quelques éléments clefs dans le son, quelques gimmicks mélodiques aussi, maintiennent à flot une identité… et une radiophonie. Si ce double « avantage » ne désencombre par la production et ne ramènera pas vers lui, a priori, l’intérêt des amateurs de la première période de production du groupe, Walk Between Worlds donne à Simple Minds une base pour de nouvelles performance live. Une base acceptable, quoique que nous ayions pu la préférer dégraissée d’artifices.
Et la vie d’une marque continue.

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