Sepultura – Kairos

14 Juil 11 Sepultura – Kairos

Qui n’a jamais pensé : « Sepultura sans Max Cavalera, ce n’est pas Sepultura » ? Bien que le frontman de Soulfly et Cavalera Conspiracy a quitté la formation brésilienne en 1996 (on pourrait dire que cet évènement date du siècle dernier pour souligner à quel point cela ne nous rajeunit pas), difficile d’appréhender, malgré tout ce temps passé, la moindre actualité d’Andreas Kisser et consort sans que l’ombre des frères absents n’obscurcisse les efforts désespérés de la formation.

C’est justement de temps dont il est question dans ce nouvel album. Il nous donne la clef de ce qu’est Sepultura aujourd’hui. La linéarité des années n’a pas joué en sa faveur. Sous l’influence de Cronos, nous ne ressentons le temps que comme une ligne droite partant d’un point A vers un point B à la pointe de laquelle il nous semble que nous sommes. Pas étonnant que nous soyons passés à côté de Sepultura. Le groupe se situe ailleurs, dans une autre temporalité, une autre façon d’appréhender le temps.

Délaissons Cronos au profit que Kairos. Sepultura n’est plus alors considéré comme le groupe légendaire sans ses légendes, son passé cesse d’ériger un écrasant héritage, il n’existe plus, la controverse de légitimité n’est plus qu’une question pleine de vacuité dans cette nouvelle dimension. Ce qu’il reste, c’est une opportunité à saisir. Celle pour Andreas Kisser de renouer avec un son, une approche technique, pour Derrick Green de s’emparer une bonne fois pour toutes d’une place qu’il n’a volée à personne et qui lui revient, toutes conceptions du temps confondues, de droit.

L’opportunité se présente à nous surtout. Et il faudrait être borné, désespérément,  « irrécupérablement » cronophile pour ne pas apprécier cet album pour ce qu’il est. « Born Strong » peut même aider les plus réfractaires au Kairos à se convertir avec sa guitare très « Roots ». Idem avec le côté indus typique « Chaos A.D. » (quelques mots de français s’y sont glissés) de Structure Violence et ses rythmes tribaux. Truffé de riffs tranchants et surtout sans complexe, de structures touchant à l’essentiel (« Spectrum », « Relentless »), « Kairos » atteint son but (à noter aussi une reprise de Ministry et, dans l’édition Deluxe, de The Prodigy, particulièrement pertinente). Il frappe fort, juste, avec sincérité, comme un groupe qui s’est cherché pendant quinze ans dans les arcanes d’une histoire à jamais révolue et n’a retrouvé la voie qu’après une remise en question totale de sa vision du monde.

A nous désormais de la partager. A nous de saisir les interludes intitulés « 2011, 1433, 5772, 4648 », à nous de saisir l’opportunité ici et maintenant, sans autre forme de procès. Kairos, comme ses représentations iconographiques l’indiquent, est une divinité qui s’attrape par les cheveux. Spécificité qui en fait plus qu’aucune autre la divinité du metal.

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Tracklisting :
1. « Spectrum » 4:03

2. « Kairos » 3:37

3. « Relentless » 3:36

4. « 2011 » 0:30

5. « Just One Fix » (Ministry cover) 3:33

6. « Dialog » 4:57

7. « Mask » 4:31

8. « 1433 » 0:31

9. « Seethe » 2:27

10. « Born Strong » 4:40

11. « Embrace the Storm » 3:32

12. « 5772 » 0:29

13. « No One Will Stand » 3:17

14. « Structure Violence (Azzes) » 5:39

15. « 4648 » 0:29

16. « Firestarter » (The Prodigy cover) 4:28

17. « Point of No Return » 3:27

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Note : 74%

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