Selofan – Vitrioli

02 Août 18 Selofan – Vitrioli

En cette période de revival synth-pop et coldwave, Fabrika Records propose avec ses protégés athéniens de Selofan (le duo est responsable du label) une option darkwave plus poussée ; les rythmes martiaux qui placent en orbite les titres sont secs et bastonnent sur les pistes de danse. Par exemple, « Βιτριολι » (Vitriol) possède un rythme plus élaboré qu’attendu. Ce sont aussi ces claviers en plusieurs couches qui apportent de la froideur et une construction plus profonde que chez les tenants du minimalisme rétro. La voix de Joanna Badtrip et sa diction en appelle parfois aux tout premiers titres de X-Mal Deutschland pour leur caractère possédé et monotone à la fois (« Give Me a Reason »), comme si la chanteuse était régulièrement dépassée par son chant. L’album alterne les moments plus dynamiques et les pauses introspectives (la paire « The Language of Love » et « Living Scandal »), ou alors le duo fait judicieusement basculer un titre d’un état à l’autre comme sur « Mοναξια ΕΙναι Της Μοδας » (La Solitude est à la Mode). Le travail sur les rythmes et les enrobages est précieux, sans pour autant basculer dans le trop-plein : les compositions sont réfléchies, agrémentées de petites fioritures qui créent une singularité à chaque fois pour ces douze titres (un album bien rempli). Ce sont par exemple ces cuivres synthétiques qui ponctuent l’affolant « Black Box », ou encore « Ist die Liebe Tot ? » et ses parties rythmiques quasiment dance, telles qu’on les proposait aux débuts des années 90 (écoutez les trois compilations Elektrauma de Discordia / Side-Line). Un léger détour vers les sonorités proto-EBM de DAF ou Die Bunker pour « Un Amor eterno » qui bénéficie paradoxalement d’un souffle en guise de chant, et d’une composition progressivement étoffée et complexifiée, de façon à éviter la ligne droite. Belle réussite !

Difficile de totalement séparer le travail de Dimitris Pavlidis de celui de sa comparse : tous deux participent à cette création. En six albums depuis 2013 et quelques dizaines de concerts, ils ont su mettre en place une résurgence intéressante d’un état d’esprit car l’atout second du groupe, c’est son humour décalé. Une tendance qu’on sent a minima chez Lebanon Hanover, mais qui est bien plus poussée ici, faisant partie de l’ADN du duo. Selofan joue de l’imagerie fétichiste et des sons qui ont pu y être associé comme sur la reprise du groupe polonais Siekiera « Υστερία » (Hystérie) (soit « Misiowie Puszyści » pour le single original de 1986). Le clip de « Give me a Reason » joue de l’ambiguïté du couple attifé qui se dispute et se réconcilie. Sur « I am addicted », le film de Dimitris Chaz Lee met en scène une séance de shooting photos aberrante avec des déguisements que ne renieraient pas Prince Rama. Ce décalage est précieux et donne à Selofan une profondeur qui va au-delà de la capacité à distiller de très bons titres.

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Tracklisting :
01. Give Me a Reason

02. Billie was a Vampire

03. Black Box

04. I’m addicted

05. Ist die Liebe tot ?

06. Un Amor eterno

07. The Language of Love

08. Living Scandal

09. Βιτριολι

10.Φουξια Χαμελαιων

11. Η Μοναξια Ειναι Της Μοδας

12. Υστερια

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Note : 79%

Site du groupe / MySpace :

https://selofan.bandcamp.com/album/vitrioli

https://fr-fr.facebook.com/selofan.funpage/

https://fabrikarecords.bigcartel.com/product/fp025-selofan-vitrioli

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