Sear Bliss : Eternal Recurrence

02 Fév 12 Sear Bliss : Eternal Recurrence

Pour dire tout le bien que nous pensons d’eux, il faudrait plus d’une vie. Formation à part dans une catégorie black metal tendant souvent vers l’uniformisation narratif, Sear Bliss excite des attentes à chacune de leur apparition discographique ; on attend beaucoup d’eux et comme l’écrit notre incontournable rédacteur en chef : « la rareté fait le précieux ». Et dire que Sear Bliss fait partie d’un cercle plutôt confidentiel n’est pas de la flagornerie… simplement une certaine forme de rationalisme. Nos valeureux guerriers hongrois munis de leurs cuivres ensorcelants sont donc de retour en ce début d’année, et qu’on se le dise : une évolution significative du propos et trente-six minutes d’émotions puissantes, d’un black metal aussi personnel qu’absorbant sont à signaler sur ce déjà septième album ; un nouvel opus qui marque le retour au bercail de Csaba Csejtei, János Barbarics et du clavieriste Olivér Ziskó.

Déboulonnant les charpentes d’un black metal consensuel depuis The Haunting (qui restera l’album le plus singulier, le plus atmosphérique et peut-être le plus vibrant d’une discographie sans faux pas), Sear Bliss, au gré des changements incessants de line-up (depuis le début, celui-ci est articulé autour du seul chanteur et bassiste András Nagy), n’a jamais cessé de nous impressionner. Et c’est encore le cas aujourd’hui, car si Eternal Recurrence amène l’auditeur sur d’autres terrains, si les Hongrois proposent une relecture aventureuse et mid-tempo de leur black metal cosmique, ce n’est pas au détriment d’une argumentation puissante.

Exit les envolées à tout va d’un trombone conquérant (les cuivres sont à présent discrets, convulsifs et apportent à l’ensemble une physionomie plus explosée et expérimentale), oubliée cette virulence épique, place à de nombreux chœurs en chant clair empruntés à l’avant-garde du dark metal (on pense dès lors à Ihsahn et surtout à Arcturus : une sérieuse analogie tout de même), à une intrusion post-black metal (Farsot et son excellent dernier album Insects ne semblent pas bien loin), aux refrains délectables mais plus difficiles à s’approprier (« A last Cause ») et, in fine, à cette audace qui permet à Sear Bliss de se présenter avec un tout autre apparat. Au rayon des composants inchangés, les sonorités de claviers cadrent les ambiances et leur donnent cette prestance cosmique. Autre véritable marque identitaire des Hongrois, cette basse cinglante (mise en avant par une production polie, peut-être même excessivement soignée) fait toujours autant de merveilles. On retrouve aussi sur ce septième album, la véritable force de Sear Bliss qui se matérialise en ce chant unique et écorché, cette authenticité dans l’expression : tout bonnement hors de comparaison. Cheveux de Sanson, sans cette particularité vocale, l’effet serait sans aucun doute minoré.

Loin des productions antérieures, Eternal Recurrence est un album surprenant ; il annonce une nouvelle ère, pose de nouvelles assises sur lesquelles le groupe construira forcément de nouveaux projets. En attendant, celui-ci nous apparait bien ambitieux. Une frange n’appréciera pas ce virage à cent quatre-vingt degrés, on entend au loin tonner un concert de mécontentements… les autres attendent déjà le prochain méfait avec impatience.

 

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Tracklisting :
01. The Eternal Quest

02. Ballad Of The Shipwrecked

03. Great Cosmic Disorder

04. A Lost Cause

05. The New Era Of Darkness

06. There’s No Shadow Without Light

07. Entering The Seventh Gate

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Note : 74%

Site du groupe / MySpace :

http://www.searbliss.hu

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