Saint Vitus – Lillie: F-65

22 Mar 12 Saint Vitus – Lillie: F-65

Après dix-sept ans d’absence discographique inédite, voilà un comeback to the doom attendu puisque le légendaire combo californien, Saint Vitus, est de retour. Outre Dave Chandler et Mark Adams, les deux piliers du groupe, un nouveau batteur, Henry Vasquez, remplace le regretté Armando Acosta et c’est Scott « Wino » Weinrich qui fait son grand retour derrière le micro vingt-deux ans après sa dernière apparition sur V. Lillie:F-65 marque donc la réunion du line-up présent sur le mythique Born too late, souvent considéré comme l’album référence des américains. Petit regret personnel : le chanteur originel Scott Reagers, présent sur le dernier album studio Die Healing avant la séparation du groupe en 1996, ne participe pas à cette nouvelle aventure. Regret car il faut avouer qu’il y a clairement deux périodes chez Saint Vitus et que la rupture entre ces ères va de pair avec le changement de ses chanteurs. (Il y a nettement la première, théâtrale et grandiloquente de Scott Reagers et la seconde plus sombre et dépressive de « Wino » et honnêtement je garde un grand faible pour la première.)
D’emblée, on entre  dans le vif du sujet, sans intro ni préambule et bonne surprise, le son sale et vintage propre à l’identité du groupe est conservé tout en étant l’un des plus équilibrés dont le groupe aie bénéficié jusqu’ici depuis Die Healing.  « Let them fall », un mid tempo lent et accrocheur met immédiatement le nouveau batteur Henry Vasquez sur le devant de la scène et c’est un sans faute. Tel Bill Ward à l’âge de grâce de Paranoid  et Masters of Reality, il insuffle vie aux riffs monolithiques et écrasants de Dave et à la basse de Mark par d’incessants roulements de tambour et décrochages de rythmes.
« The Bleeding ground » poursuit sur cette lancée, écrasé par le lourd riff Iommien de Dave Chandler, il faut attendre les deux tiers du morceau pour avoir enfin droit à une accélération aussi efficace que salvatrice. Profitez en bien car ce sera la seule… Un interlude instrumental cristallin, « Vertigo »,  contribuera agréablement à aérer l’écoute avant le lourd et relativement rapide, ce critère restant relatif avec Saint Vitus, « Blessed Night ». Une sorte de chaînon manquant entre « Sweet leaf » et « After Forever » de Black Sabbath.
« The Waste of time » assombrit le propos par une atmosphère plus pesante encore avant le long final « Dependence », « Withdrawal » prenant tout son temps pour se mettre en place et développer son propos. Je m’explique : « Withdrawal » n’étant que le final de « Dependance », probablement scindé pour permettre à l’auditeur de stopper là l’écoute. Pourquoi ? Simplement parce que « Withdrawal » n’est qu’une suite de sons et de larsens obtenus par Dave en inclinant sa guitare face au mur d’ampli… une expérience sonore que certains apprécierons, d’autres pas.
L’écoute finie, on ne peut que regretter la trop grande homogénéité de l’ensemble. Le groupe ne s’éloigne jamais d’un mid tempo à tendance lente. La trop faible durée de ce retour, à peine plus de trente minutes, renforce cette impression de manque.  Où sont passées les accélérations d’antan ou au contraire les passages ultra écrasants apportant un côté malsain à la musique du combo ? «  Burial at Sea »  n’est vraiment qu’un lointain souvenir. Alors certes, je regrette la folie expressive de Scott Reagers, mais cela n’explique pas tout.

 

 

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Tracklisting :
1. Let Them Fall 2. The Bleeding Ground 3. Vertigo 4. Blessed Night 5. The Waste of Time 6. Dependence 7. Withdrawal

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Note : 74%

Site du groupe / MySpace :

http://www.myspace.com/stvitus

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