Rome – The Hyperion Machine

20 Nov 16 Rome – The Hyperion Machine

Dans le genre, la tentation a pu être grande pour certains ; mais s’il est un reproche qui puisse difficilement être fait au Luxembourgeois Jerome Reuter, fondateur et protagoniste principal du projet Rome, c’est bien de jouer avec le soufre d’une imagerie post-fasciste. Nulle trace de crasse idéologique ou aberration historique par ici. Le contraire.
Les thématiques des albums de Reuter, pétris d’une authentique conscience historique (prendre pour exemple l’album Nos Chants perdus, substance musicale évoquant directement l’anti-franquisme), se doublent d’une dimension littéraire dont les derniers soubresauts datent du confondant EP Coriolan, sorti plus tôt en 2016.

Sur The Hyperion Machine, quoique l’orientation musicale se distingue sensiblement de celle de l’EP, la dimension poétique demeure et se nourrit, là encore, d’interrogations existentielles : de celles qui par exemple font ruminer les leçons mal tirées, les mauvais combats qui n’en finissent pas vraiment (« Celine in Jerusalem »).
Il y a aussi un choix de style : le son de Rome prend ici une tangente moins directement post-punk que sur les moments les plus physiques du prédécesseur. Néanmoins, il est conservé cette nervure physique toute en tension latente, freins rongés (« Transference », Rome en pleine superbe), ailleurs plus franc élancement (« Cities of Asylum »). Et l’on retrouve, ci ou là, cette aération et ce sens du direct qui nous séduisirent si fort le temps d’un chef d’œuvre nommé Masse Mensch Material (2008). Les tonalités folk noir et percussives font résurgence régulière et exhument le chagrin sur tapis de cordes (« The Alabanda Breviary »), quand autre part Reuter pousse jusqu’au bout l’option dénuement, atteignant plénitude folk (« Skirmishes for Diotima »). Ainsi Rome étale-t-il une essence connue, un éventail familier, tout en ouvrant le champ : fait peu habituel, Reuter laisse champ libre à d’autres voix (celle de Thåström [Ebba Grön, Peace, Love & Pitbulls] sur le très bel et hypnotique « Stillwell » – Thåström qui réapparaît à travers la recréation par Reuter de son « FanFanFan »).

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Alors, sans que nous aimions forcément davantage ces mélodies que celle du mini-album de début 2016, force est de reconnaître que le nouveau bloc de son sculpté par Reuter brille d’une force de style singulière. Elle inscrit The Hyperion Machine dans la catégorie des disques de Rome les plus immédiatement touchants, résultat opposé à celle qu’entreprit le Luxembourgeois sur l’expérimental et imposant triple opus Die Æsthetik der Herrschaftsfreiheit.

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Tracklisting :

The Hyperion Machine
Celine in Jerusalem
Transference
The Alabanda Breviary
Stillwell (feat. Thåström)
Cities of Asylum
Skirmishes for Diotima
Adamas
The Secret Germany (for Paul Celan)
Die Mörder Mühsams
FanFanFan (Bonus Track)


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Note : 75%

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