Rome – Hall Of Thatch

12 Jan 18 Rome – Hall Of Thatch

L’austère image de marque du projet du Luxembourgeois Jerome Reuter s’est figée à l’époque de ses parutions sur le défunt label suédois Cold Meat Industry.
C’était le début.

Le sérieux avec lequel Reuter aborde son travail transparaît de chaque disque, document prenant au gré du vent tournure philosophique, historique, autobiographique – et Hall Of Thatch ne démentira rien de ce soin.

Si sur le nombre impressionnant de disques déjà sortis par Rome certains s’attirent naturellement la préférence, le protagoniste principal a de tout temps su s’entourer en studio, tout en restant dans l’idée d’assumer le plus de choses possibles par lui-même. Et c’est à nouveau ce qu’il fait sur le cru 2018, sur lequel il prend la responsabilité de toute la mise à plat ou presque.
Arrangé avec l’assistance de François Dediste, Hall Of Thatch est le produit des mains et de la voix de Jerome, qui couche ici de nouvelles chansons fortes et nourries de l’expérience du voyage. Dénuement au menu, mais la force d’impact de cette musique est immense. Le moins fait le plus, et à un niveau bien supérieur à celui d’un disque comme – au hasard – Hell Money. Les accents Swans transparaissent de ci-de là (dureté du son rencontrée le temps de « Martyr ») et ce folk noir s’avère plus pénétrant que jamais (« Slaver », magnifique, juste devant « Hawker »). Hall Of Thatch, clairement, développe une tendance incantatoire tout en parlant du retour à soi, soulevant la question métaphysique. Reuter lui-même parle d’un disque plus personnel que certains des précédents, un cheminement vers la spiritualité. A quand la plénitude ? Peut-elle être espérée ?

La dimension incantatoire telle que ressentie provient prioritairement, à notre avis, du travail réalisé par le chant et des sons inspirés par l’expérience vécue personnellement au Vietnam, voire happés in situ. Les moments où Reuter quitte la suavité caverneuse et naturelle de gorge, tendant alors vers un exposé plus déclamé, ont certes moins notre préférence. Mais le disque jouit de cette cohérence de ton qui fait l’esprit des grandes « collections ».
Et la forme de rejoindre le fond : magnifique, l’artwork extérieur et intérieur de Matthias Bäuerle rend pleine justice à un enregistrement tout en sobriété et intériorité. Photographies : Ralf Bauer. De ces choses qui questionnent en profondeur, émerveillent parfois.

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Note : 80%

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