Project Pitchfork – Look up, down there

26 Nov 16 Project Pitchfork – Look up, down there

Ces dernières années sont signées d’une productivité étonnante pour les fondateurs de Project Pitchfork, Dirk Scheuber et Peter Spilles, épaulés du fidèle claviériste Jürgen Jansen depuis presque vingt ans. Scheuber a sorti il y a quelques mois un correct album solo (The me I see), Spilles fait vivre ses propres projets en parallèle (édition récente du double CD rétrospectif d’Imatem) et Project Pitchfork sort un album tous les ans ou deux ans (rythme augmenté par la parution d’une seconde anthologie, déjà, en 2016).

Successeur de Blood (2014) et Black (2013), Look up, down there ne détonnera pas dans la discographie : Project Pitchfork y apparaît fidèle à lui-même. Peut-être un peu trop, et ce n’est pas dit sans affection.
L’ensemble, bien fait, manque un peu de surprise et l’on se prend à rêver qu’elle survienne, d’abord sur le plan visuel. Le groupe avait accumulé de beaux artworks jusqu’en 2005 (l’époque EastWest en particulier, révolue et à laquelle a succédé un suivi assuré par Trisol) – mais par la suite, il est resté à notre goût engoncé dans des clichés ténébreux, qui plus est frontaux, du moins en ce qui concerne la mise en valeur des personnes physiques composant le groupe. L’approche visuelle, sans parler de révolution, mériterait d’évoluer un peu. À eux de voir bien sûr – mais vu d’ici, tout cela pourrait ne pas très bien vieillir.

projectpitchfork

Le son, lui, s’inscrit encore et toujours dans cette approche massive et hypnotique propre au groupe et de laquelle nous extrairons volontiers les moments les plus aérés et climatiques, ceux que nous préférons (« Furious Numbers », à la fois hypnotique et musculeux, nous donne encore plus envie de danser que son successeur « Exile ») : les voix de Spilles vont souvent droit au but, et les mélodies sont franches, à l’allemande comme on dit (« Pandora »). Project Pitchfork sait faire ça, c’est acquis depuis belle lurette et vous n’apprécierez la chose que si vous prenez l’option electro-dark épaisse. Il y a des amateurs.
Les rythmiques de Project Pitchfork, elles, prennent parfois un discret reflet industriel, ce qui leur va bien (« Blind Eye »). Le texte est pour sa part direct et économe (les phrasés de Spilles appuient sur la mesure ou jouent sur la syncope et chaloupent gentiment autour du beat, mais comme à l’accoutumée ne chargent pas trop la mule). Le groupe évoque la perte de l’être aimé (c’est l’affaire du titre éponyme), les abondances du monde face auxquelles se ressent incapacité à l’embrasser. Florilège de déceptions, frustrations, questionnements. Project Pitchfork ne fait pas qu’appuyer la pulsation ; il laisse des points d’interrogation ou de suspension.

Au final, tout cela reste quand même et prioritairement une histoire de marque de fabrique. Look up, down there est un essai que les adeptes des allures les plus frontales et clubby du son de Project Pitchfork devraient adopter vite et fort, l’ensemble se remarquant pour sa recherche d’efficacité (« Volcano », « Sunset Devastation »). Le public allemand, lui, se déchaînera sûrement face à la scène du M’Era Luna, qui doit accueillir Pitchfork lors de son édition 2017.

> WEB OFFICIEL
www.project-pitchfork.eu

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Tracklisting :

01 – Into Orbit

02 – Titanes

03 – Propaganda Child

04 – Blind Eye

05 – Pandora

06 – Look up, I’m down there

07 – Volcano

08 – Sunset Devastation

09 – Open with Caution

10 – Furious Numbers

11 – Exile

12 – Sky Eye

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Note : 75%

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