Prohom – Un Monde pour soi

30 Sep 13 Prohom – Un Monde pour soi

Retour en 2001 : Prohom fait partie des Découvertes du Printemps de Bourges. A ses côtés, Psykup, Jeanne Cherhal et d’autres. Il détonne déjà dans l’univers espiègle de la chanson française du début du siècle par ses arrangements électro minimaux et le cynisme non feint de ses paroles. Mais, lorsque Polydor le signe, personne ne peut prévoir la trajectoire brisée de son projet. Après une classique montée en puissance et deux disques, la brouille est là : le caractère entier de l’homme a raison de son groupe et de sa carrière. Enfant terrible dont la dynamique rebelle ne s’intègre pas aux carcans médiatiques, homme blessé par la mort de l’ami batteur François et par la mise au placard. Soutenu par les siens (Olivia Ruiz, Agora Fidelio…), Philippe mange son pain noir.

Avec Un Monde pour soi, le retour est d’abord visuel : Lynn S.K. offre ses visions crépusculaires aux nouvelles compositions dont la pesanteur musicale sublime les aspirations célestes des vocaux (« Comment lutter »). L’électronique a grandi, sonne plus organique que par le passé, vivante et poisseuse. Il est tentant d’écouter ces titres en occultant la voix car Philippe Prohom est souvent un technicien du son, apte à travailler les textures et les superpositions de couches (« À quoi me fier », « L’Encre au bout des Doigts »).

Toutefois, c’est par le chant qu’il marque et il sait s’entourer des amis qui donneront à ses aspirations l’assise qu’il leur faut : la basse cold-rock de Jack Toinard assure l’élan de « Madame Canaille », les guitares rêches de « Demande-moi » éveillent de beaux frissons pour un tube en puissance, Christian Fradin vient en renfort de claviers ou de guitares, la voix de Carmen Maria Vega ensorcelle « Au Coin des Rues », une gracile mélodie qui se hausse à la hauteur d’un Daniel Darc angélique.

« Quand reviendras-tu » joue de la parenté avec Dominique A, pour une exploration grisée de la mélancolie, certes un peu légère dans son texte, mais honnête dans son traitement. Bien plus forte est « Mon Âme or » dont la glaciale tendresse hante longtemps. Quelques écueils soulignent les réussites : les chœurs sur « Je voudrais que tu sois morte » offrent un léger décalage, mais ce morceau plombé n’en tire malheureusement aucun second degré ; « Un Mot sur tes Lèvres » sonne un poil trop décalé ; enfin « Un Monde pour soi », n’est pas le morceau de bravoure attendu, la faute à un entre-deux genres exposé trop frontalement.

Il reste que cette sincérité dans le dévoilement (une tradition chez Prohom) et cette variété d’ambiances offrent avec ses fragilités bien plus qu’un nouveau départ dans l’apaisement : une renaissance en tumultes.

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Tracklisting :
 

01. Comment lutter

02. L’Encre au bout des Doigts

03. Madame Canaille

04. Dis-toi

05. Au Coin des Rues

06. Je voudrais que tu sois morte

07. À quoi me fier

08. Quand reviendras-tu

09. Un Mot sur tes Lèvres

10. Demande-moi

11. Mon Âme or

12. Un Monde pour soi

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Note : 70%

Site du groupe / MySpace :

 

www.prohom.com

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