Philippe Curval – Akiloë ou le souffle de la forêt

29 Juin 15 Philippe Curval – Akiloë ou le souffle de la forêt

Drôle d’entreprise que celle de Philippe Curval qui avec Akiloë ou le souffle de la forêt reprend un texte initialement paru chez Flammarion en 1988 mais le rallonge de plus de la moitié. En général, on demande aux auteurs d’être concis mais pour le coup, l’auteur s’est lancé dans une démarche inverse afin de raconter ce récit qui est bien loin des romans d’anticipation ou de science-fiction auxquels on l’a associés. Certes, il va être ici question de voyage sur la Lune et d’astronautes, mais le cœur de cette histoire est l’apprentissage d’un jeune indien Wayana à l’éducation occidentale. On est presque plus dans un récit picaresque, un roman d’initiation avec pour décor principal les fleuves et forêts de Guyane. Mais le merveilleux n’est pas loin non plus.

Dès le début, Akiloë se dit être « un habitant du futur ». Il donne une valeur divine aux casseroles et marmites récoltées le long du fleuve car elles sont pour lui l’harmonie des dieux. Il a pour animal domestique un aï, un bébé paresseux que la seconde femme de son père est obligée de nourrir au sein. Une épidémie ayant décimé les autres enfants, il reste avec sa famille le seul survivant de cette tragédie et nous entrons peu à peu dans l’imaginaire de cet enfant fantasque qui a décidé de donner une vie propre à son pied droit qu’il nomme Alawane. Suite au décès de son vieux père, il va alors quitter son village en compagnie de sa mère Kulliwallilu de plus en plus en proie à la folie. Tout devient étranger et nouveau. Il va d’abord être pris en charge par Clarisse Vincendeau, une institutrice zélée, qui va l’introniser à la culture occidentale. N’ayant pas d’existence officielle, celle-ci ne peut l’adopter. Il va ensuite poursuivre son aventure sous la tutelle d’un Polonais Usted Dobcewski et assimiler toujours plus de savoir, tout en développant son talent pour le saut à la perche. Avec l’adolescence et l’âge adulte, Akiloë s’éveille aussi aux plaisirs charnels et c’est par le biais d’une femme responsable de tant d’éjaculations nocturnes qu’il commettra un attentat, pris dans la politique de la Guyane libre et du parti indépendantiste guyanais. Après avoir fait l’amour avec une mineure, une seule alternative lui est laissée par le gendarme Baladourd : soit être inculpé pour détournement de mineure soit s’engager dans la légion étrangère. S’est en désertant et en rompant avec le passé qu’Akiloë va laisser son existence solitaire de côté et passer des mystères de la forêt vierge à l’immensité de l’espace.

Inutile de dire que cette histoire peut être même déroutante pour les amateurs de Curval mais l’auteur-poète arrive à nous faire tourner les pages de ce gros volume avec son style élégant et son imagination débridée. Le texte nous renvoie presque en enfance quand on lisait des récits d’aventures extraordinaires dans des pays exotiques, et cette fable, nourrie par l’histoire guyanaise, dégage une étrange fraîcheur. Un roman original qui nous amène à reconsidérer les littératures de l’imaginaire.

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