Paradise Lost – Medusa

26 Sep 17 Paradise Lost – Medusa

Au sujet de la direction musicale de leur quinzième réalisation, le guitariste Greg Mackintosh a déclaré : « … Il sera plus doom qu’avant. Huit morceaux monstrueux chargés en riffs de pure misère nordique. » Medusa peut effectivement être qualifié de doom/death, avec pas mal de clins d’œil aux quatre premiers albums (la splendide ouverture « Fearless Sky » et « Medusa » sont des hommages au genre), mais même en cherchant bien, on ne trouve aucun titre monstrueux… et encore moins de misère nordique (il ne suffit pas d’évoquer un hiver long et rigoureux pour sonner « nordique »).

Alors oui, Paradise Lost a renoncé aux expérimentations et durci le ton depuis The Plague Within (2015) ; un retour aux sources jusqu’à aujourd’hui réussi (Vallenfyre, le projet death de Mackintosh et l’intégration de Nick Holmes chez Bloodbath influencent forcément l’orientation du groupe). Mais non, les Anglais ne sont pas infaillibles, en témoigne cet album faible et au visuel qui ne donne pas franchement envie. Sentiment désagréable de déjà entendu, réflexes mélodiques prévisibles, structures bien trop familières. Lassant. Seuls trois titres effleurent ce qu’ils savent faire de mieux : « Fearless Sky » et ses accents à la Candlemass, la première minute de « From the Gallows » et le passable « Until the grave » restent honorables. La majorité des chansons débutent pourtant de la meilleure des façons, mais la suite se déroule sans éclat.

Le savoir-faire, le feeling et la signature mélodique sont bel et bien là, mais la noirceur se fige dans des décors infertiles et l’inspiration semble avoir passé son tour (le bancal « Gods of Ancient » et ses riffs rebattus mille fois, le refrain poussif de « The Longest Winter » et les lignes de guitare stériles de « No Passage for the Dead »). Enregistré aux Orgone Studios à Woburn, en Angleterre, Medusa a été supervisé par Jaime Gomez Arellano, le même producteur engagé pour The Plague Within. C’est aussi le premier disque pour Waltteri Väyrynen, le batteur qui a remplacé Adrian Erlandsson, parti pour se concentrer sur At the Gates et The Haunted. Hormis les batteurs en CDD, le line-up, solide,  reste le même depuis 1988. Des détails qui ne changent rien à l’histoire : Medusa paraît transparent, loin derrière les meilleurs albums du groupe.

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