P.G. Sturges – Les Tribulations de l’Expéditif

27 Août 16 P.G. Sturges – Les Tribulations de l’Expéditif

Face à la masse de publications de romans noirs toujours plus sinistres et désespérés les uns que les autres, un livre comme Les Tribulations de l’Expéditif de P.G. Sturges, par ailleurs fils du scénariste et cinéaste Preston Sturges, est un vrai bol d’air frais. Faisant suite à L’Expéditif (Calmann-Lévy, 2014), ce second roman est autant une parodie qu’un hommage aux détectives à l’ancienne et aux vieux romans « hard-boiled ». On est bien loin des modes « techno-thriller » ou « country noir » qui inondent le marché en ce moment. Et on doit l’avouer, les dialogues, superbement rendus par la traductrice Mireille Vignol, nous ont offert de purs moments de fous rires.

Déjà, Dick Henry, alias l’Expéditif, n’est pas un privé comme les autres. Au volant de sa Cadillac Coupé DeVille 1969, il connaît Los Angeles comme sa poche et possède un carnet d’adresses long comme le bras. Il est aussi un grand séducteur, mais cela on s’en doute bien. Et quand les gens sont confrontés à des problèmes pour lesquels ils ne savent pas à qui faire appel, il est l’homme de la situation. Si vous avez besoin de faire un faux d’un tableau de maître car votre ex-femme menace de vous le prendre ou qu’un rasta blanc à dreadlocks fait son business devant votre cabinet de vétérinaire et refuse de déguerpir, Dick Henry est là pour ça. Mais la situation semble être sérieuse quand une de ses amantes, la stripteaseuse Pussy Grace, lui confie son inquiétude quant à un vieux millionnaire de soixante-quatorze ans, Art Lewis, avec qui elle entretient une relation, qui ne lui donne plus de signes de vie. Déguisés en employés de la compagnie de gaz, ils décident alors de se rendre au domicile de l’intéressé. Ce dernier, drogué, se dit prisonnier aux mains d’une infirmière pas commode et un brin stupide. En effet, pour lui dilapider sa fortune, une ex star de la télévision fauchée Ellen Havertine a inventé tout un stratagème diabolique et ingénieux pour qu’il soit forcé d’épouser sa frangine. Mais les morts vont vite jalonner cette entreprise, notamment quand l’ex mari d’Ellen, le junkie Bobby Lebow, est appelé à la rescousse. Les rebondissements vont alors aller bon train, impliquant un cadavre avec un orteil en moins et un certain Rutland Atwater dont l’odeur corporelle a la capacité de faire gerber tous les êtres humains à la ronde.

On rentre ainsi dans les bas-fonds d’un Hollywood haut en couleurs, rongé par la corruption, le sexe et la drogue, car ce qui fait le charme de ce roman, c’est aussi qu’il ne se limite pas à une seule intrigue. On entre dans tout un univers que l’auteur connaît bien. Le style est rapide, avec cinquante chapitres courts, et la comédie atteint son comble quand l’auteur met en avant la stupidité de ses protagonistes. Les passages avec Rutland Atwater sont d’ailleurs à la limite du cartoon trash mais aussi délicieux que les absurdes délires d’un Christopher Moore. Les farces de série B du genre sont rares donc profitons-en car le divertissement est garanti. Une lecture idéale pour l’été.

http://calmann-levy.fr/

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