Ono Scream – s/t

24 Mar 17 Ono Scream – s/t

Dès le lancement du disque, l’hommage à Joy Division est clairement appuyé. On est au-delà de l’inspiration : plusieurs titres sont clairement un appel au fantôme de Ian Curtis et à l’inspiration de Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Sumner. Les rythmiques et leur traitement synthétique, le son de la basse (Aarn Van Severen) et ses mélodies répétitives sur « I’m the Hollow Man » et « Leather Girl » font référence au son développé par l’ingénieur du son-producteur Martin Hannett et ses comparses sur Closer, le maître étalon de ce qui deviendrait quelques années durant la cold-wave. L’atmosphère précieuse et douce, mélancolique et urticante dans ses guitares est parfaitement rendue avec un titre comme « That salty Taste ».

En revanche, les autres titres s’éloignent de ce premier cadre, comme par exemple le majestueux « No More », bien plus gothique avec sa batterie tribale, ses circonvolutions et sa voix nappée d’échos. Ça sent bon la première démo d’And Also The Trees. « Seventh of Seven », sous son thème occulte réussit à joindre Section 25 et des parangons du rock atmosphérique allemand des années 70 (mention spéciale aux percussions). « Gone too far » ranime un peu de Jesus And Mary Chain tandis que « You shut your Mind » ressuscite un blues cabossé entre Birthday Party et Jarvis Cocker.

Pour réussir aujourd’hui dans ce registre « coldwave », il convient de fuir les carcans d’une mode qui a remis le post-punk au goût du jour, le déclinant à toutes les sauces depuis Interpol et The Editors à l’aune des années 2000. Ono Scream bascule dans le temps, captant ce que les précurseurs de ce son avaient eux-mêmes écouté avant de composer. Exit le glam et les effets trop exhibitionnistes, la place est accordée aux remugles les plus torturés.

Il faut donc assumer un petit côté plus sombre, celui qui avait aussi fait le succès de Corpus Delicti. Il faut oser fouiller chez Siouxsie And The Banshees et Bauhaus (les guitares en trois notes, très Daniel Ash jouant le Bela Lugosi sur « That salty Taste », on y revient) ou même dans le bon rock psychédélique typé « Heart of the Sun » du Floyd. Un soupçon de boucle industrielle symphonique sur le final de « What have they done » perturbe l’oreille avec efficacité et hypnotise. « Am I still conscious », bref interlude, rejoint les appétences de The Soft Moon. Ce travail sur la musique, pour qu’elle fasse autre chose que simplement sonner, pour qu’elle atteigne l’auditeur, le secoue, le fasse transpirer, le bouleverse, est un atout dont peu de groupes savent jouer. La cold-gothique de Ono Scream n’est pas qu’un exercice de rock’n’roll. Avec « This City’s a Wasteland », Ono Scream délivre son plus beau titre : une mélodie accrocheuse, un break astucieux, une voix d’une mélancolie belle à pleurer. L’autre explosion affective, c’est « This endless Walking » : la force terrible de la mélodie en deux notes primordiales, la voix gonflée par l’ajout d’un chant féminin gracile (Gwen Vanderstraeten, terriblement gothique dans son effet, sans les grandiloquences du genre, une opposition facile entre la lourdeur minimaliste et la voix enfantine, les guitares en notes aigrelettes…. C’est cette capacité à se débarrasser des tics trop reconnaissables qui placera Baart Willems (ex Apparaat) en dehors des habituelles piles de disques dans lesquelles on ne sait que piocher ou alors bien visible dans vos listes de .mp3…

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Tracklisting :
01. I’m the Hollow Man

02. That salty Taste

03. This endless walking

04. Leather Girl

05. No More

06. What have they done ?

07. Seventh of Seven

08. It’s a dark black Place

09. I need a Disease

10. Gone too far

11. No Escape

12. This City’s a Wasteland

13. Am I still conscious ?

14. You shut your Mind

15. All gone wrong

16. I’m the Hollow man (acoustic)

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Note : 84%