Olivier Bruneau – Dirty Sexy Valley

14 Mai 17 Olivier Bruneau – Dirty Sexy Valley

C’est par un gentil mot dans ma boîte aux lettres que j’ai découvert ce livre. Il y était écrit que l’auteur avait adoré l’anthologie que j’avais faite sur les films de rednecks. Et les compliments, hé bien ça marche toujours avec moi. Du coup, j’ai attendu le moment opportun pour me plonger dans cet univers que je connais bien, celui des débiles, consanguins et autres dégénérés sudistes. La couverture elle même, avec son collage un peu mauvais goût, emprunte une image à la parodie Tucker et Dale fightent le mal. Donc pas de doutes permis, on va s’en payer une bonne tranche et rien n’est à prendre trop au sérieux ici. Il y aura des pickup trucks, des chemises de bûcheron, des casquettes John Deere, des dents pourries et une grosse dose de violence et de sexe bien tordu.

Dès les premières pages, l’auteur emprunte tous les stéréotypes du slasher en rase-campagne et du bon film d’horreur chez les péquenauds. Le ton est définitivement fin 70s, début 80s, avec des références musicales allant de Roxy Music à Blondie. On pense évidemment à des scénarios de films. Surtout à Mother’s day, mais aussi à Massacre à la tronçonneuse, Survivance, The Final Terror ou, plus proche de nous, Détour mortel. Tout commence avec un couple de randonneurs portés sur la chose, qui ont la bonne idée de forniquer dans les bois, là où comme par hasard habite une famille de fous furieux en salopettes : deux ogres du nom de Jules et Jim, leur mère cruelle et perverse et la petite dernière, nymphomane en herbe. C’est ensuite au tour de six étudiants (trois garçons et trois filles) de venir s’aventurer dans le coin, car ils souhaitent se rendre dans la maison de campagne qui appartient aux parents de l’un d’entre eux. Leur but : organiser une orgie afin de fêter la fin des examens. Bien entendu, Jules et Jim ne vont pas les laisser s’en tirer à si bon compte et ont préparé tout un tas de tortures country style pour accueillir ces citadins arrogants.

Mais alors que les clichés s’accumulent, le sexe s’impose avec une explicité telle que c’est plus au Thundercrack ! de Curtis McDowell que l’on pense, ou aux délires porno ruraux de Zebedy Colt (The Farmer’s Daughters). En effet, le schéma classique des étudiants vs rednecks et tout ce qui va avec (l’arrêt à la station-essence, le repas de famille…) laisse place à une délire irrévérencieux, cartoonesque comme pouvait parfois l’être Russ Meyer, et définitivement cradingue : viols, zoophilie avec des chèvres mais aussi des mouches (!), sodomies, pénétration au gel pour inséminer les vaches, branlettes incestueuses, bondage, fourrage d’arbre, éjaculations faciales, castrations, perforage d’anus au gode-perceuse… L’auteur exagère au possible, et plus il en fait, plus c’est drôle. Ajoutez à ça une bonne dose d’horreur macabre, des enterrements prématurés, des écrasements d’êtres humains, des vagins dans du formol et des cadavres un peu partout et vous obtenez un cocktail détonant d’humour noir et d’érotisme hardcore décomplexé. Dirty Sexy Valley ne s’impose aucune limite, et c’est bien ça que l’on apprécie dans ce livre fort divertissant et qui pourrait être une sorte de version française de la fiction Bizarro anglo-saxonne. C’est grotesque, frappadingue, dégoulinant et fier de l’être, avec des tas de séquences d’anthologie. Il y a aussi une vache confidente du nom de Rosa, une chèvre à la langue baladeuse et même un ours mais je n’en dis pas plus.

Un bon condensé de fantasmes grand-guignolesques extrêmes à ne pas mettre entre toutes les mains !

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