Ohota – Russian Tape

25 Oct 18 Ohota – Russian Tape

Première signature de la sous-division de Unknown Pleasures Records, Ohota sort Russian Tape chez +Closer². Le premier titre joue calmement avec les rappels nostalgiques d’une mélodie années 80 néo-classique, comme si on se réveillait aujourd’hui, après une courte cryogénisation période Hibernatus. Lancinant et délicat.

« Posh » est bien plus dans l’état actuel des choses, rejoignant les rythmiques torturées et basiques à la fois, et les sonorités retorses post-EBM techno de Molécule. On y entend des bribes industrielles (métal frappé), mais aussi ces chuchotements qui avaient fait le charme du titre « Seele brennt » de Neubauten (murmures qu’on retrouve plus loin au début de « Diktat »). EBM techno industrielle encore avec « Tsvety », hymne imparable pour les retours de soirée ou le footing matinal (ou la corvée du bois à fendre).

Joie de la provocation : après le « Smurf in the Goulag » de Clair Obscur, voici son cousin, « Dancing in Dachau ». Là, on est en pleine EBM, avec en prime une nappe de synthé qui réchauffe un rythme bien hargneux. Pour le nouveau label, c’est la continuité des travaux de Jacky Meurisse Project, Neon Electronics ou encore Grand((Ø))Signal. « Vogue » revient vers Ellen Alien ou Miss Kittin, accompagné d’un phrasé-parlé féminin, plus classique malheureusement, tandis que « Her Telephone Call » berce un peu trop, se faisant l’écho d’une vacuité descriptive. On passera vite sur ces deux titres pour se régaler avec un titre à part, le jeu au piano de « Aequo Pulsat Pede », qui éclaire le choix du constructiviste Lazar Lissitzky pour la pochette. On pourra aussi se délecter du très bon « The blank Sheet of a black Paper », bien meilleur que la plupart des instrumentaux pondus par Reznor ces dernières années.

Entre ces deux faces, Ohota publie des titres qui cultivent l’entre-deux, sans doute les plus aboutis en terme de personnalité. On conseillera donc de commencer directement par « Full Metal Dildo », ambiancé et crépusculaire, avec ces pointes dansantes maitrisées. Une enchaînement idéal se fera avec « Totengott », planant et impliqué, aux sonorités parfois brutales, aux pistes multipliant les détails, un titre qui montre à quel point un instrumental peut être parlant. « Buran » travaille également dans une lignée identique, mêlant sonorités et rythmiques saccadées. Quelques-une de ses mesures se font plus planantes et lorgnent avec justesse vers le rétro-futurisme. Enfin « True Love » bascule en un final heavenly-bodies (un groupe autrefois hébergé chez Third Mind Records, pour les curieux), tout en finesse et sensibilité.

Une première signature qui pose des principes, fait lien et lance des pistes sur ce que sera +Closer².

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
01. Hibernal

02. Posh

03. Dancing in Dachau

04. Full Metal Dildo

05. Tsvety

06. Vogue

07. Diktat

08. Totengott

09. Buran

10. Her Phone Call

11. Aequo Pulsat Pede

12. The blank Sheet of a black Paper

13. True Love

Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 72%