Num Skull – Ritually abused

29 Juil 14 Num Skull – Ritually abused

C’est une bonne idée de la part de Relapse de ressortir cet album originellement paru en 1988 chez Medusa Records (Musky Pup, Wasted Youth…). À l’époque, il n’avait pas obtenu le succès d’autres classiques du thrash et de fait, Num Skull n’a eu qu’une carrière en pointillés sur laquelle on pourra revenir désormais.
Bien sûr, le groupe n’atteint pas la force des maîtres du genre, on n’a pas là le terrible disque méconnu sorti par magie des oubliettes de l’histoire thrash. On a en revanche un très bon disque de deuxième division, d’un niveau comparable à ceux de Nuclear Assault, Forbidden ou Dark Angel. Les fans du genre apprécieront donc autant que moi qui étais passé à côté de Ritually abused.
Avec sa pochette signée Scott Jackson et un lettrage un poil en avance sur son époque, ce premier album qui faisait suite à deux démos (Num’s the Word, 1986 et Thrash to the Bone, 1988) a un bel emballage. La voix de Skip McGullam est proche de celle de Mille Petrozza (Kreator) à l’époque de « Command of the Blade », des effets sur la voix permettent des variations intéressantes, comme sur « No Morals » avec un poil de scansion hardcore deuxième génération. De même, Skip McGullam se permet des restes de chant heavy (« Off with your Head », « Friday’s Child » et d’autres) et s’essaie simultanément aux balbutiements des growls du death-metal (« Off with your Head »). Un assemblage qui pourra rebuter mais qui, pour ma part, servira à donner au groupe sa singularité.
Car, sur le plan musical, on est dans une recette très efficace – là n’est pas l’écueil – mais déjà bien connue. La rapidité des riffs bien violents, les breaks ralentis qui tournent parfois au mosh-part, les lancements bien saccadés des morceaux (« Ritually abused ») marquent des points. On peut reprocher au batteur Jeff McGullam la prédominance d’un jeu mitraillette, métronome ultra-rapide à la Wehrmacht (l’album Shark attack). La basse est pour moi trop en retrait, surtout si on la compare au travail sur le son réalisé par Sodom. Les solos ont des bons petits airs à la Slayer, en plus heavy là encore. Le titre « Kiss me, kill me » est un peu à part du fait de son option speed-metal punkifiée comme osaient parfois en jouer les Allemands de Helloween à l’époque.
Un très bon disque qui se situe à la hauteur de ces références de premier ordre, mais qui ne parvient pas à les égaler, par le simple calendrier : en 1988, le thrash a évolué, très vite. Les albums phares sont déjà là (Exodus, Slayer, Kreator, Sodom, Sacred Reich, le premier Death marquant quant à lui un point de rupture) et le metal au sens large se diversifie : la même année Anthrax sort State of Euphoria, DRI son 4 of a Kind, Suicidal Tendencies le How will I laugh tomorrow et Bathory le somptueux Blood Fire Death. Un an plus tard, Carcass, Morbid Angel, Terrorizer, Sepultura, Bolthrower ou Entombed tiendront les couvertures de magazines, plongeant Num Skull dans une indifférence en partie justifiée.
En partie seulement, puisqu’il y a de la place pour un très bon album de plus et que le revival thrash fait des émules ; d’où l’intérêt de cette réédition, remasterisée et avec l’appui du bonus (présent dès le premier pressage en CD) : « Murder by the Minister ».

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Tracklisting :
01. The End 02. Ritually abused 03. Death and Innocence 04. No Morals 05. Friday’s Child 06. Off with your Head 07. The Henchman 08. Pirate’s Night 09. Turn off a Screw 10. Kiss me, kill me 11. Rigor Mortis 12. Murder by the Minister

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Note : 65%

Site du groupe / MySpace :

http://www.relapse.com/

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