Nordagust – In the Mist of Morning

03 Avr 11 Nordagust – In the Mist of Morning

Comment être plus excité que lorsqu’un groupe, dans l’idéal inconnu au bataillon, fait repartir en deux coups de soufflet un feu que l’on croyait éteint, au mieux végétant à travers des styles moins conformes à nos désirs ? Ne soyons pas plus abscons : Nordagust, troupe norvégienne singulièrement accoutrée, s’avance hors des brumes de sa délicieuse contrée avec sous le bras un condensé des atmosphères augustes et sylvicoles que peu, depuis les regrettés In The Woods…, avaient osé pénétrer. Attention, de filiation directe il n’est pas réellement question, même si le tracklisting, à la plage 4, ne déguise pas l’hommage. La musique selon Nordagust regarde, au mieux en chien de faïence, les monuments indélébiles dressés par les frères Botteri et leurs vieux complices de Kristiansands. Mais l’impression d’un parallèle est tout de même trop frappante pour être ignorée. Prenez un album comme HEart of the Ages, élaguez les aspérités black metal, les coulées épiques et le côté cérébral, il vous restera cette atmosphère incomparable, cette vision idéalisée d’une toundra acquise au rêveur sous l’incendie des aurores boréales. Une atmosphère choyée entre toutes que Nordagust parvient à faire sienne sans effort apparent.

In the Mist of Morning présente le profil finalement atypique d’un disque de rock progressif conçu pour des fans de doom ambiancé, voire de black metal. De noirceur, de lourdeur, a fortiori de vocaux tout tordus, il est dépourvu. Pour la froideur, on peut encore discuter, elle se loge dans le patrimoine atavique du son et des mélodies, le reste n’est que grâce et saine naïveté (les paroles, il vaut mieux les survoler que s’en imprégner…). Au niveau technique pur, on n’est jamais que dans du relativement classique – on a vu Anekdoten ou encore Landberk occuper le créneau, à grands renforts, comme ici, de mellotron. La différence se fait, encore une fois, dans une emprise atmosphérique virale, due en grande partie à un chant masculin dont le charisme et la sincérité effacent très vite un timbre aigrelet qui agacerait sans doute dans un autre contexte. Sur des morceaux comme l’éponyme ou « Make me believe », la charge émotionnelle contenue dans certaines lignes vocales peut faire oublier de respirer… Une médaille qui a évidemment son revers : dès que l’intensité de l’expérience desserre son étreinte, en gros dès que les mélodies deviennent moins envoûtantes, moins belles, la musique s’installe dans une torpeur, une uniformité dont il est dur de se détourner. Le mal touche hélas une bonne moitié de l’album, qui a la (judicieuse ?) idée de s’ouvrir et de se refermer avec ses pièces maîtresses. Au final, on s’incline devant la qualité très supérieure déployée sur quatre morceaux (sur neuf, il y a une outro, belle également), on dit merci pour le bain de jouvence aussi vrai que nature, et on espère être soufflés comme des brindilles au prochain passage du vent du nord…

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Tracklisting :
1. In the mist of morning

2. Expectations

3. Mysterious ways

4. In the woods

5. Elegy

6. Forcing

7. Frozen

8. The tide

9. Make me believe

10. Elegy epilogue

 

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Note : 65%

Site du groupe / MySpace :
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3 Commentaires

  1. Yann Swäno
    Yann Swäno /

    Le titre « In the Woods » est-il un hommage à la troupe des frères Botteri ?

  2. Bertrand Garnier

    faudrait leur demander, à mon avis tout indique que oui 😉

  3. Robert Culat /

    Bonjour Bertrand, j’ai voulu te contacter mais je me suis rendu compte que le numéro de portable que j’avais n’était pas le bon, aussi j’utilise le commentaire de chronique en espérant que tu verras mon message. A bientôt, Padre Bob

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