None – Poison

23 Avr 18 None – Poison

Le label UPR se lance dans une dernière ligne droite avant la fin méritée qui interviendra au n°100 de ses projets. Les derniers moments pour inspecter de plus près ce qui sort, tant le rythme de parution a été dense.

Cette fois, c’est d’Allemagne que surgit le fantôme None. Un album au départ autoproduit, dans une démarche expérimentale et solitaire. Noirceur des sons triturés au point de ne plus être synthétique mais organiques ; ce moment où le son produit devient bruitage marin ou aérien, bourdonnement indéfinissable (« Black »). Anna Nin, dans ses passages les plus doux se rapproche d’Hausfrau, d’un Joy Division période Closer (« Hide »), d’un vague Floyd réfrigéré (« Dreams » et son Korg surpuissant) ou même d’un Cure hanté par l’abbaye Bolton (« For Hours »). Lorsque la mélodie l’emporte, avec bon son de basse et cordes, la perfection cold symphonique est atteinte, les références n’y suffisent plus (« Poison »).

Les rythmiques tapent sèchement, soulignant par là la délicatesse d’une voix murmurée, chuchotée, blafarde derrière des draps lourds (« Slow »). le résultat, vaporeux et inquiétant, flirte avec les désarrois des premières expérimentations industrielles. Les cauchemars ont remplacé la critique de la société de consommation, pas d’usines ou de chaîne de travail ou de fabrique médiatique, mais des tourments mentaux condensés dans des morceaux brefs et frappants (« Low ») dont les titres sont le plus souvent réduits à un mot unique.

Extrêmement prolixe, depuis la création durant l’hiver 2016-2017, la jeune femme a distribué sur son propre bandcamp plus de dix références (EP et albums confondus). L’édition sur Unknown Pleasures Records de Poison s’accompagne d’un mastering par James Aparicio et l’album s’est vu ajouter cinq titres de l’album Odium, et des EP Alienari et Narcomania. Un best-of en forme de quinte en quelque sorte : « Great Grey » et « Swollen Night » joue le martial teinté d’orientalisme, « Depth » est plus cérébralement cold-goth, dans une lignée 4AD des touts débuts (la compilation Natures mortes – Still Lives), les échos se superposent et les guitares se font cristal fracturé multipliant leurs facettes extatiques (« Aegrum »), enfin « Nothing is right » est plus dans une lignée Garlands de Cocteau Twins, la basse étant moins trépidante et des nappes de synthé venant une nouvelle fois donner un aspect plus « poltergeist » à l’ensemble. La version K7, avec une liste de morceaux légèrement différente, voit le jour chez Black Verb Records (lesquels avaient sorti le premier album officiel, Vacuum).

Anna Nin déclare vivre sa musique comme remède à un état dépressif constant. Au-delà des discours, sa musique est profonde et totale, bellement triste, relevée et vespérale.

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
01. Wailing

02. Black Veils

03. Insomnia

04. The World won’t listen

05. Black

06. Hide

07. Vibe

08. Slow

09. Low

10. Poison

11. Great Grey (from Odium LP)

12. Depth (from Alienari EP)

13. Swollen Night (from Odium LP)

14. Aegrum (from Odium LP)

15. Nothing is right (from Narcomania EP)

16. For Hours

17. Dreams

Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 90%