Motorhead – The World is Yours

16 Déc 10 Motorhead – The World is Yours

Lemmy Kilmister, soixante cinq ans est un des personnages emblématique de la scène Heavy Rock.

Charismatique, le bassiste/chanteur à la tessiture inimitable, dégage sur scène à la fois une sorte de nonchalance et de puissance qui ne peuvent laisser de marbre. Parfois (rarement il faut l’avouer) emprunt d’émotion comme sur un «I Don’t Believe A World » poignant, souvent rageur portant à bout de bras les hymnes à mi chemin entre le Hard Rock et le Heavy de son groupe: Motorhead.

Aguerri à l’exercice de la composition, le groupe sort son vingtième opus « The World is yours » parallèlement une biographie vidéo narrant les péripéties de son frontman arrive dans les salles obscures. Voilà de quoi assouvir mes désirs en matière de Hard Rock primaire pendant quelques temps. Il faut bien avouer que malgré vingt albums au compteur, Motorhead sort peu des sentiers battus, mettant en avant des morceaux lustrés à l’huile de moteurs, distillant les hymnes comme d’autres distillent des bouteilles de Whisky cuvée millésimée…

« Overkill », « Ace of Spades », « Bomber » ou plus récemment « One short Life » , « The Thousand Names of God » ou « Be my Baby » l’aura du groupe traverse l’espace temps, immuable, le groupe assénant les mêmes recettes simples et efficaces avec cette même fougue que par le passé. Fort d’une partie rythmique imposante prenant aux tripes comme un bon vieux Blues Rock crasseux, guitare en avant et chant dégoulinant de bière et de relents d’huile de vidange Motorhead s’est forgé une image à part, prenant peu de risques mais paradoxalement ne décevant pas non plus ses compagnons de décibels en réinventant sans cesse avec intelligence les mêmes morceaux.

Pourtant, ces dernières années, contrairement à nombres de groupe de la même promotion, il semblerait que la bande à Lemmy ait tenté de durcir le ton offrant à ses fans des galettes à la production bétonnée et aux riffs plus percutant que jamais, avant de faire progressivement machine arrière, pour revenir à l’essence même de sa musique. « Motorizer » le dernier en date, « Kiss of Death » mais surtout le monstrueux « Inferno », se voulant un petit chef d’oeuvre dont les titres sobres et directs sont d’une efficience à faire pâlir nombre de jeunes premiers métalliques.

Plus encore que « Motorizer », « The World Is Yours » sonne vintage dans l’esprit des premiers albums de la bande à Lemmy.

Grâce à ce retour en arrière, le nouvel opus de Motorhead gagne encore en efficacité prouvant que même sans artifice, avec sincérité il est encore possible de créer l’émotion. Le groupe semblait en être arrivé à un point culminant dans sa carrière où il n’avait plus rien à prouver mais en revenant dépouillé, en se mettant à nu sans complexe devant ses fans, il confirme avec encore plus de verve sa capacité à engendrer l’émotion originelle.

Sur ce nouvel opus, ça joue fort, ça joue bien surtout ça rappelle de tellement bons souvenirs comme avec le jouissif « Born to Lose » ( clin d’oeil à leur devise « Live to Win /Born to Lose ») dont le refrain s’ancre comme une évidence dans le cortex dès les premières secondes d’écoute que l’on ne peut que taper du pied en remerciant Lemmy d’être encore là avec son Heavy boogie Rock n’ Roll à la fois agressif et parfait reflet d’un état d’esprit en mode « rebel ».

Le bluesy « Rock n’ Roll Music » offre sans pudeur ses guitares chaudes et sa rythmique chaloupée, petit solo en bonus, alors que la simplicité et la lourdeur d’un « Devils In My Hand » déboule tel une grosse cylindrée à cent à l’heure sur une route métallique. Le son vintage apportant la dose d’humanité mettant en valeur ce Rock n’ Roll d’un autre âge qui n’a jamais été autant d’actualité que sur cet album musclé.

L’approche rugueuse du sombre « Brotherhood of Man » sur lequel l’aura du fameux « Orgasmatron » luit, est un pur régal, Motorhead n’ayant finalement et paradoxalement jamais été si contemporain. La machine s’emballe, l’on sent véritablement le cœur de la bête battre sous le joug d’une rythmique plombée et de guitares discrètement posées en toile de fond…une vraie belle réussite.

Malgré cette parenthèse anachronique, « The World is yours » n’en demeure pas moins un plaidoyer à un Boogie Rock n’ Roll percutant dont des titres comme « Bye Bye Bitch » ou « I Know How to Die » se veulent les meilleurs faire valoir.

Motorhead est décidément un très grand groupe mais nous était-il permis d’en douter ?

Be Sociable, Share!

Tracklisting :


01. Born To Lose
02. I Know How To Die
03. Get Back In Line
04. Devil’s In My Head
05. Rock ‘N’ Roll Music
06. Waiting For The Snake
07. Brotherhood Of Man
08. Outlaw
09. I Know What You Need
10. Bye Bye Bitch Bye Bye
01. Born To Lose02. I Know How To Die03. Get Back In Line04. Devil’s In My Head05. Rock ‘N’ Roll Music06. Waiting For The Snake07. Brotherhood Of Man08. Outlaw09. I Know What You Need10. Bye Bye Bitch Bye Bye


Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 84%

Site du groupe / MySpace :

www.imotorhead.com/

www.myspace.com/motorheadofficial

Be Sociable, Share!

1 commentaire

  1. Live to win et pas Leave to win 🙂

    Excellent opus en effet !

Laisser une réponse