Moonspell – Omega White

08 Mai 12 Moonspell – Omega White

L’excellent Alpha Noir a son pendant goth rock, auquel nous n’avons eu accès qu’après le bouclage du prochain #9 d’Obsküre Magazine. Moonspell, qui a toujours excellé dans le mélange des registres et des atmosphères, a pourtant choisi en 2012 de concentrer sa rage noire dans un Alpha Noir impérial et sanguinaire, et de réserver à cet Omega White ses penchants les plus atmosphériques. D’un côté, Fernando gronde comme un lycanthrope et harmonise ses éraillements vocaux à un dark metal hiératique, de très haute tenue ; de l’autre, sur les autels plus évanescents d’Omega White, il nous ravit en donnant le meilleur de son registre clair grave et voluptueux : l’homme dépose le velours de sa voix avec une sensibilité et une justesse impressionnantes, sur des perles goth rock (« New Tears Eve »), chansons noires et froides partagées entre l’ombre et la lumière (« A greater Darkness »). L’efficacité mélodique est incontestable, pourtant on ne saurait comparer ce recueil de Moonspell à ceux des habitués, incontestablement plus triviaux, de la modernité goth rock – The 69 Eyes ou Lacrimas Profundere, pour ne citer qu’eux. Nos portugais préfèrent flatter directement leurs origines, les plus distinguées – Type O Negative, plutôt, The Sisters Of Mercy également –, et s’inspirer des profondeurs synthétiques et embrumées de leurs maîtres, ou du sens de la chorale (« Herodisiac ») qu’Eldritch avait porté à son apex sur des « This Corrosion » ou « Lucretia ». Moonspell reste Moonspell, bien sûr ; Omega White n’est pas qu’un hommage à ce rock de soufre, de satin rouge et de lueurs de cierge, que nous adorons : il puise au plus profond de ses propres inspirations, confronte la clarté de l’acoustique et la densité synthétique (superbe « Fireseason »), la pesanteur des tempi, la diversité des tonalités, et nous ramène à l’époque de Darkness & Hope (un peu de Sin/Pecado aussi, non ?)… Pourquoi ? Sans le vouloir, il nous montre qu’il maîtrise mieux encore l’écriture de très belles pièces gothiques ; et – là est sans doute l’objectif émotionnel du projet – lesdites pièces gothiques, entre héritage et création, insistent sur la lumière que l’on peut voir dans leurs obscurités. Omega White ne dit-il pas la lumière blanche qui règne quand tout est terminé, quand tout est mort ?

Une excellente seconde moitié que les amateurs de rock gothique moderne et racé, aussi bien que les nostalgiques de Darkness & Hope, salueront sans le moindre doute.

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Note : 80%

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