Monolog – Morphee Cabaret Troopers

09 Sep 16 Monolog – Morphee Cabaret Troopers

Bascule rétro assumée pour cette signature d’UPR. Pierre Maury, qui est la tête de ce Monolog et qu’on a aussi croisé dans Press Gang Metropol, apprécie de plein gré les sonorités des années 80 et ne cherche pas à les magnifier par des incartades technoïdes. Ainsi, on retrouve une ambiance proche parfois de Fad Gadget dans la façon dont les synthés se mettent à danser (« Antispectacular ») et la carte d’identité de la coldwave est complète sur le langoureusement froid « Special Dreams ».

Morphee Cabaret Troopers fait suite à un premier album, Hasta la Evolucion, sorti chez D-Monic en 2014 (et une grosse poignée d’EPs). Même lorsque les climats se font plus denses, avec une énergie rock’n’roll (voir goth’n’roll sur « Velvet Glove »), il y a dans l’usage de la répétition, des nappes et de la voix posée, un climat hallucinogène et nocturne, bien sensible sur « Gasoline », ou sur le plus dur « Sad Sleep » aux guitares bien rêches.

Plus surprenant, c’est ce mélange réussi entre des vocaux très David Bowie (qu’on appréciait déjà par le passé, comme sur l’ancien « Ten Lines Ringfinger ») et un rock noir, revenu à la mode depuis Interpol, mais que le Niçois n’avait jamais mis de côté (excepté peut-être pour ses travaux sous le nom de Rain). C’est cet aspect de Monolog, qu’on retrouve sur « Giant Steps », « Hard to console » ou le plus electro-curesque « Mother Shell » qui fait la différence avec son long format précédent tant le son est désormais puissant et clair ; la musique laisse les passages plus atmosphériques (solos, claviers) prendre une ampleur en s’imposant. « Riders » dans un rythme lent suggère la lourdeur (les nappes) et l’envol (rythmiques, voix qui monte à la façon du corbeau Peter Murphy). « Like a Man » s’exonère en partie des tics du Thin White Duke et démontre, là encore, une capacité relativement rare à raconter et à sonner. La voix est profonde, sans affect : elle sonne religieusement. Et, si c’en est fini des essais de spoken-word, on ne peut que s’en réjouir tant la pratique s’est désormais répandue. Avec ce disque, libéré du qu’en-dira-t-on, Monolog joue avec les codes et se donne une carte blanche pour épancher ses passions. De là un envol qualitatif quasiment naturel.

Be Sociable, Share!

Tracklisting :




01. Like a Man

02. Hard to console

03. Velvet Glove

04. Riders

05. Sad Sleep

06. Gasoline

07. Mothershell

08. Antispectacular

09. Weapon of Choice

10. Lush

11. Giant Steps

12. Special Dreams

Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 78%

Site du groupe / MySpace :

https://monologproject.bandcamp.com/

Be Sociable, Share!