Monolith – Crashed

09 Mai 14 Monolith – Crashed

Projet hypnotique mû par la force de conviction du seul Eric Van Wonterghem (Absolute Body Control, Sonar, Insekt, actuellement basé à Berlin), Monolith (ne pas confondre, donc, avec le trio doom vintage, ni avec le Monolith au doom sépulcral et ambitieux de chez Debemur Morti) inscrit sa frappe de synthèse dans les grands canons du label Hands : primat rythmique, mise en valeur de la boucle, texturations plus ou moins épaisses.
Hands fait d’ailleurs partie, à un niveau d’appréciation plus symbolique et au-delà de la présente référence, de ces maisons qui, rares, sont parvenues à engendrer au gré de leur histoire et de l’augmentation de leur fond de catalogue, une « culture du label » : la forme des objets (rigide en l’occurrence, à l’image de la musique), le visuel typé, la palette de sons et de genres promise par la signature de la maison de disques, c’est tout un ensemble d’éléments qui capte l’attention d’un public. Tout cohérent, univers en formation. Il y a derrière le simple mot « Hands » tout ce qu’une démarche implique (ambition de fond comme de forme) avec, bien évidemment, tout l’aléa qu’un fond de catalogue aussi pléthorique peut impliquer en termes de ressenti émotionnel ou esthétique. Dans un tout autre genre, la maison Cold Meat Industry était parvenue à engendrer, dans le public, cette même « culture du label ». Une attente dissolue aujourd’hui, sans doute, dans cette propension généralisée et détestable de consommation de la musique, au sens le plus vulgaire du terme.

Pour autant et pour revenir au sujet, la présente référence compte. Monolith, avec Crashed (huitième volume de la série d’Eric sous ce nom), boucle une technologie visant une transe sinueuse (« The Source ») qu’elle auréole d’une parure bruitiste. Parure, dit-on bien : car son jeu n’a pas pour credo de perturber la fréquence fondamentale et linéaire, jusqu’à la dépasser et rechercher l’effet « de bouillon » de nature à l’octroi du sticker harsh (ainsi que peuvent s’y plaire certaines des références de chez Hands). La confusion harmonique ne fait pas le jeu de Monolith sur ce nouvel opus ; mais sa sensibilité, déployée au fil d’une musique à orientation dansante (« Man without Shadow »), reste fermement ancrée dans les champs du synthétique et de l’electro-industriel : un mélange de chaud et de froid marqué par un mélange paradoxal et intrigant de retenue et de dynamique. Optique : recherche d’équilibre dans l’esthétique sonore.
Sans renier nullement la part tribale de son ADN, sans bouter hors de champ les arguments du bruitisme (leur présence est discrète, sous la surface par exemple du final en boucle de « 10 Minutes before Blackout »), Monolith se fait chantre de l’hypnose, ambitionnant davantage d’envelopper l’auditoire qu’à l’oppresser de sa masse. Un moment intéressant, à mi-chemin entre le mécanique et le sensuel.

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