Moinho – Elastikanimal

30 Avr 17 Moinho – Elastikanimal

Après un premier album, Baltika, sorti en 2012 (et chroniqué par Yänn Mondragon dans notre #19), Moinho revient avec ses paysages grisés et beaux. Le dossier de presse propose le genre « piano contemporain » qui n’est que trop juste pour épouser la richesse de cette musique. Certes, le piano et ses boucles sont la base des titres, l’instrument revient aussi sur les parties lead, mais que serait l’inaugural « Josef » sans ses nappes de cordes ? Pas de superfétatoire non plus : l’habillage et les arrangements servent la partition plutôt qu’ils ne la recouvrent, laissant le minimalisme des mélodies revenir, servant au mieux une musique qui se fait lancinante (« Les Lointains » déroge à la règle, en un final dompté par des glissades de la contrebasse).

C’est un quatuor à cordes qui a été invité. Discret sur « The Keys », il laisse la répétition faire son travail de sape mélancolique, évoquant Satie, ou encore un Nyman assagi et ralenti (« Le Chien jaune » et son subtil martèlement évolutif). Pas de brusqueries, mais un déroulé de paysages méditatifs et concentrés. Témoin de cette première facette, le bref « Entre-Deux », fonctionnant comme une fin de face méditative et minimaliste. Cette sévérité dans le ton (sans emphase, sans explosions, sans charivari émotionnel ; Moinho n’est pas Yann Tiersen), trouvant son apogée sur « Fiahr » lorsque les doigts montrent une envie maîtrisée de faire mal, c’est ce qui donne leur force aux quelques compositions plus ouvertes.

Ainsi, le long « Elastikanimal » – nommé d’après le personnage du livre dessiné d’Edith Azam, Du Pop-corn dans la Tête (Atelier de l’Agneau, 2010) – lance des pointes pizzicato sur de courtes périodes. Ludique, inventif et souvent drôle, ce titre ouvre un espace plus étoilé, plus serein dans sa multiplicité. En occupant une temporalité plus grande, Moinho passe de la description à la narration, accentuant les ressentis. La musique se fait fluide et s’enrichit encore (vibraphone, marimba), invitant dans la danse Stéphane Garin d’Ensemble 0. « Les Ondes » délaisse le piano, se faisant polyphonique, le néo-classique s’ingéniant des superpositions et entrelacements de partitions, sage précipité vers les graves, un peu à la façon dont Clair Obscur faisait sonner son « Défini » sur In Out. Pour clore l’album, Moinho place « Cairn », paradoxalement nommé, puisque les pierres de cet édifice se mettent à groover (riff imparable au piano) avant une mise en abime des cordes, silencieuses et solennelles, la montée vers le grandiose œuvrant en contrepoint à « Entre-Deux ».

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Tracklisting :



01. Josef

02. The Keys

03. Elastikanimal

04. Entre-Deux

05. Les Lointains

06. Le Chien jaune

07. Fiahr

08. Les Ondes

09. Cairn

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Note : 70%

Site du groupe / MySpace :

https://moinho.bandcamp.com/

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