Merle Leone Bone – Jesus Elvis Junkie Blues

19 Août 18 Merle Leone Bone – Jesus Elvis Junkie Blues

Juste à la lecture du titre, on pourrait prendre ce livre pour une anthologie du swamp blues ou même pour une biographie. Il n’en est rien, Jesus Elvis Junkie Blues est un “roman”, mais des plus étranges et inclassables. Déjà si vous avez lu par le passé le swamp writing cryptique de Merle Leonce Bone, vous savez que ce volume ne va pas être quelque chose de conventionnel. Même si la figure spectaculaire de GG Allin sert de fil conducteur au récit, utilisant parfois la première personne, les épisodes de la vie du punk rocker américain ne sont qu’un canevas de base sur lequel se construit la prose hallucinée de l’auteur, mêlant namedroppings fantaisistes ou documentés, digressions biographiques (l’auteur rend même hommage au libraire d’Un Regard Moderne, Jacques Noël, au disquaire Philippe Marie de New Rose ou au musicien industriel Nocturne avec lequel il a travaillé), lyrisme sauvage, tout en revenant parfois à des moments forts de la carrière de GG, de la naissance à la mort. Et au milieu de tout cela, apparaissent de purs moments de fulgurances poétiques. Le livre reste néanmoins un hommage-ovni, qui convoque un nombre hallucinant de lieux, de noms et de genres musicaux hétéroclites, du punk français au death rock californien an passant par les génies dilettantes berlinois, la batcave britannique ou même l’Escale, un bar rock à Decazeville ! La figure de Nick Cave et le Birthday Party hantent aussi considérablement ces pages et toutes les figures d’un rock’n’roll poisseux et noir. Quels sont les liens entre ces milliers d’artistes listés, c’est là où le bouquin se fait de plus en plus fou et monstrueux. Car l’auteur ne se limite pas à la musique, il est aussi question de photographie, de cinéma, d’art contemporain, de graphisme, du magazine Hara Kiri ou de dadaïsme. Le savoir encyclopédique devient alors pure abstraction, comme les rêves d’un illuminé retranscrit sur la papier, ne faisant plus de distinctions entre réel et fantasmes. Au milieu de tout cela, GG, ogre mangeur de sa propre merde, apparaît comme un mythe, “homme-bouc devenu boue” au sein des freaks, des camionneurs, des camés et des white trash. Ce “déchet” à l’odeur de chacal mort devient figure christique dans cet univers délirant, véritable “Abcès de Dieu”. De San Antonio à Berlin, de New York à Adélaïde, on glisse sur les éclaboussures de vomi, sur les seringues amoncelées. On ne sait même pas si on a rêvé ce voyage mais, une chose est sûre, c’est qu’il ne ressemble à aucun des trips qu’on a pris auparavant….

À signaler les très belles illustrations d’Olivier Josso Hamel et la parution prochaine chez Camion Blanc du livre GG Allin, Antéchrist de l’extrême d’Adeline Wall et Pierre Avril.

MERLE LEONCE BONE – Jesus Elvis Junkie Blues : de GG Allin à Lux Interior, Nick Cave & Stu Spasm, incarnations du Voodoo Blues déviant dans le garage-punk rock’n’roll underground (Camion Blanc)

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