Melt – s/t

25 Avr 18 Melt – s/t

Très belle entrée en matière pour ce premier album de Melt, sans titre : une grande douceur en préliminaires, puis un vague interlude en voix diphonique et enfin le démarrage marqué par une voix au timbre éraillé, puissante et émouvante. La musique est partagée entre rock noise et tonalités plus cold-pop (l’instrumental « Kitane », le superbe final de « Cypher », pas loin des Cranberries du tout premier album) ; les vieux férus de musique songeront aux méconnus Trivia, actifs dans les années 90. La force de Melt, c’est d’obtenir des riffs fédérateurs, qui accrochent l’oreille par leur mélange de délicatesse tendre et de rage juvénile (« Opikanoba »). Lorsque le besoin s’en fait sentir, la batterie de Roméo joue des percussions pour créer un climat porteur. C’est alors la voix de Charlotte qui sort de ses gonds, assumant un accent frenchy bien violent pour se faire l’instant d’après incantatoire et noire (« Stigmata »). La basse de Julien est un peu trop en retrait à mon goût, mais cela met en valeur la guitare d’Olivier et de ses harmoniques qui savent retentir, nimbées d’échos légers pour un trip heavenly-tribal en langue inventée accompagné du chant des insectes (« Shirokuromelt »). Cris, bande inversée, souffle de chant : le groupe a des idées qu’il concrétise pour que chaque morceau sonne (« Blast »). Si les goths vont penser à Siouxsie pour le choix de leur nom, eux revendiquent une citation de Blade Runner ; voici ce qu’en dit leur bio : « Le nom du groupe a été choisi lors d’une nuit sombre dans un squat alcoolisé, sur fond de réminiscence de Blade Runner : « Tous ces moments se perdront dans l’oubli comme les larmes dans la pluie », tous ces moments, les nôtres, cette vie… Melt c’est fondre dans sa fin comme dans le soleil. »

La formule n’a rien de cliché, le groupe joue du rock, seule case véritable dans laquelle les ranger. La tristesse se fait parfois forte (« Reine », seul titre véritablement mid-tempo), mais le déploiement de la musique s’exécute toujours avec fougue et grâce, donnant aux titres le temps de se faire et de se défaire, malmenant les pistes sur des breaks qui sentent déjà le lâcher-prise du live, ces instants où le jeu bascule dans l’envie, le désir, portant leur cœur en étendard (« Thorn »). Impressionnant.

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
01. Opikanoba

02. Stigmata

03. Shirokuromelt

04. Thorn

05. Kitane

06. Reine

07. Blast

08. Cypher

Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 80%

Site du groupe / MySpace :

Leur page sur FatCat Records

Leur page facebook

 

Be Sociable, Share!