Man’s Gin – Smiling Dogs

30 Mai 11 Man’s Gin – Smiling Dogs

C’était un pari osé. Bon guitariste, on n’est pas forcément bon chansonnier. Pilier d’un groupe à vacarme dont l’excellence a éclaté à la marge, on n’est pas forcément Dax Riggs ou Steve Von Till. Par contre, si le bonheur s’en mêle, on peut venir boxer dans la même catégorie. Après s’être assuré, avec trois albums farcis de riffs carnivores et de provocation dégourdie, que Cobalt crèverait jusqu’à la surface le banc encombré des projets de black metal américains voulus originaux, Erik Wunder a pris sur lui de concrétiser autre part et autrement : aux origines du folk américain, celui des routes poussiéreuses, des motels et des petites galères à dormir debout qui coulent dans la nuit paresseuse comme le gin frelaté dans les veines. Le tout avec un bonheur certain. Eloigné, mais pas totalement coupé, des préoccupations meurtrières de Cobalt – le code couleur de l’artwork est inchangé, et l’on reconnaît aisément la patte acoustique toute en motifs cycliques, un peu inquiétants, entrevue sur certains morceaux du duo énervé – Smiling Dogs est une authentique surprise par sa qualité, certes, mais surtout la diversité de ses formes et de ses humeurs. On n’est pas dans la grisaille monolithique qu’on aurait pu anticiper. Wunder se ceint volontiers d’une gaine mélancolique (« Smiling Dogs », « Doggamn »), dont les accords froissés renvoient aux superbes travaux du leader de Neurosis (pas Scott Kelly, l’autre), mais ce n’est pas un épanchement. Il faut dire que le chant n’est pas vraiment compatible avec une approche 100% absorbée. Harangueur, vinaigré, il se rapproche déjà plus d’un Kurt Cobain que du bourdon rocailleux et tabagique propre au crooner à la barbe rouge. De là, des arrangements sur mesure, accueillant basse ronflante, saturations stoner (« The Death of Jimmy Sturgis »), et autres piano cabaret, jusqu’à quelques démarrages carrément enjoués et bigrement preneurs (« Solid Gold Telephone »). Les tensions gonflent comme des oedèmes prêts à crever, et vingt secondes plus tard on est dans la décontraction la plus naturelle… De telles transitions sont la marque du spécial. Ici et là, des rythmiques pilonnées (« Free », « Stone on my Head ») rappellent que l’homme vient du côté obscur, qu’il connaît Jarboe et vénère donc forcément les Swans. Pas vraiment de regrets, même sur la longueur, plutôt l’envie féroce que le couvert soit remis sans trop tarder, et que le menu soit encore plus savoureux !

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Tracklisting :
1. Smiling Dogs

2. Free

3. Stone On My Head

4. Solid Gold Telephone

5. Nuclear Ambition Part 1

6. Nuclear Ambition Part 2

7. The Death Of Jimmy Sturgis

8. Hate.Money.Love.Woman

9. Doggamn



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Note : 70%

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