Love In Cage – Mirage Post-Horizon

02 Avr 16 Love In Cage – Mirage Post-Horizon

Une certaine France existe et se régénère depuis plusieurs décennies, qui en dehors des canons dominants de la chanson et de la musique pop, exprime un sound design voué semble-t-il aux caves (remémorez-vous dans un genre voisin, Noctule Sorix – ou dans un style plus ouvertement tortueux, les ex-Land Of Passion de Popoï Sdioh, connaissances du sujet du jour).

Love In Cage (Rouen) est de cette fange underground dont le véhicule sonore renvoie à l’intériorité tout en affichant, par son recours au machinisme, appel à faire bouger les corps. Avec Mirage Post-Horizon, sorti fin 2015, la mécanique froide enclenchée par Marielle (basse, claviers), Isthmael (chant, textes et phtographie) et Alexis (guitare, programmation rythmique, claviers) prend des atours plus sérieux qu’auparavant, mieux maîtrisés. Sur ce dernier cru, le groupe épointe ses guitares et donne à entendre un propos mieux incarné et dont la musculature s’équilibre. Certaines voix – inconsciemment ? Qui sait, mais plus frontalement oui – bauhausiennes (« Backrooms », et à un moindre degré « Crash ») ancrent éventuellement le propos dans un certain héritage et un référentiel… quoique le groupe, et c’est sensible, ambitionne à travers ces travaux de présenter une forme de chanson délavée, blafarde et surtout plus mécanique et imprégnée au premier degré de la culture des clubs, que ce que suggèrerait notre seul référentiel. L’ossature rythmique programmée et l’épaisseur répétitive de certains motifs synthétiques en particulier (« Short Film Camera ») forcent la relativité de notre commentaire. Une pesanteur se dégage alors de l’ensemble de ces nouveaux travaux, le groupe servant par son travail sur la forme un désir de rester dans des structures lisibles. Curieuses chansons. Le ton est oppressif et sa posture éventuellement dansante se fonde sur un beat réfrigéré et fermement eighties (« Cut up »), flottement qui barre la route au sentiment que l’élévation sera possible. Il y a dans cette musique comme un plafond de verre, quelque chose qui maintient celui qui écoute dans une zone inconfortable.
Dès lors, si certains détails de forme restent à bonifier (la fluidité de l’anglais doit être travaillée, ce qui n’ôte rien à l’implication d’Isthmael, sensible), le groupe assume aujourd’hui une forme sonore ayant gagné en rigueur.
Un exercice de style plus précis.

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Tracklisting :
01. Christopher / 02. Jonctions télégraphiques / 03. Boy next Door / 04. Backrooms / 05. Cut up / 06. Crash / 07. Short Film Camera / 08. Automne monotone

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Note : 70%

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