Lescop – Echo

27 Déc 16 Lescop – Echo

Indétermination. Nous ne saurions dire si sur la pochette d’Echo, le regard de Lescop est plus figé qu’hagard, perdu ou médusé. Un peu de tout ça, un peu de rien – de la même manière que nous peinerons à exprimer ce que nous renvoie cette collection de chansons sobres, poétiques et minimales.

Les côtés mécaniques de la chose ne sont pas pour déplaire (basses épointées façon coldwave, guitares tricotant à l’économie), quand les aspects hypnotiques de cette musique sont indéniables.
Certains des choix nous parlent moins : cette façon d’égrener le texte, ce côté continuellement « dans le souffle » et qui peut rappeler les manières d’un Daho (mais avec quelque chose que nous trouvons plus anonyme et qui nous touche moins directement). Rien de plus stupide que de reprocher aux choses leur nature – mais cette tonalité vocale qui, méritante en cela, se refuse à l’effet gratuit, creuse écart. C’est comme si elle nous éloignait de la chair des contes : l’effet qu’elle produit sur nous est le détachement, un chant ressenti comme spectateur des mots plus qu’acteur. Une lecture donnant à Echo allure monochromatique, confinant par moments au désincarné. Et même si l’effet peut (carrément) coller à la thématique, comme sur « Dérangé », cette plastique blafarde du texte nous détache de ce qui est évoqué. Une sensation de lassitude peut alors être éprouvée au fil de l’écoute, à la manière de ce que nous ressentons face à toute cette nouvelle chanson française.
Ne pas caricaturer. L’orchestration, souvent ingénieuse, trouve de la grâce mais paradoxalement, contrebalance à peine l’effet ressenti. Dès lors, là où peut se nicher notre l’ennui, il peut aussi être reconnu vision et cohérence plastique ; et elle s’affirme au sein d’Echo.

Car les reliefs musicaux, clairement, bénéficient d’une authentique mise en valeur. Baignée d’une luminosité différente et plus flagrante que ne l’était celle du premier album, la production est signée d’un proche de Savages : Johnny Hostile (Nicolas Congé, comparse aussi de la chanteuse Jehnny Beth dans le projet John & Jehn). La limpidité du son, sa quasi-transparence, ce groove tranquille et clubby (les déhanchés de « Flash », le risque asthénique de « David Palmer »), autant d’arguments de forme jouant en faveur du travail – un phénomène déjà ressenti à l’écoute du chapitre antérieur.
Il n’en reste pas moins : en considération de la globalité du disque, le titre qui lui a été donné nous fait éprouver sensation étrange. L’écho qu’il nous renvoie est celui d’une musique marquée par l’absence de quelque chose, et que nous aurions aimé un tantinet plus charnelle. Or, le fruit est nappé d’un glaçage nous barrant la route de son intériorité. Echo joue le nu, mais planque.

L’artiste suit sa voie, et c’est toute sa légitimité ; mais notre regard, lui, se perd un peu en route.
Un peu comme celui de Lescop, sur la pochette de l’album.

Image de prévisualisation YouTube

Note : Echo est dédié à Thomas Ayad, chargé de promotion disparu dans l’attentat du Bataclan. Petit rappel à travers cette ligne du livret, de l’importance du lien qui devrait toujours unir un artiste à une maison de disques et surtout, aux gens qui la font.

> LESCOP ONLINE
Facebook (officiel)

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 60%

Site du groupe / MySpace :
Be Sociable, Share!