Les Modules Etranges – Turmoil

18 Juil 11 Les Modules Etranges – Turmoil

Il fonctionne bien ce nouveau Modules Étranges. Ce troisième album se démarque encore un peu plus de ses influences et on n’a plus l’impression d’entendre des inédits de Gitane Demone ou de Cocteau Twins. Le son s’est singularisé et avec des compositions jouant de la retenue et de l’explosion libératrice (« Black Dahlia »), le groupe s’occupe désormais à enrichir son propre sillon.

Il peut donc désormais être chroniqué pour lui-même et non pas simplement pour son inscription dans le melting-pot des groupes gothiques old-school. Leur travail de revitalisation du style post-punk est intéressant dans son mariage avec l’électronique (le tube « Ease your Life »), mais il en semble presque facile. Il est certes plaisant pour le chroniqueur fan de ce son d’entendre des groupes poursuivre dans une voie de garage, il est moins drôle pour des musiciens de lire les mêmes attendus sur leur travail, les comparaisons imposées (Oh, on croit entendre du Siouxsie sur « Mental Pop-up »!) et les remarques de soutien motivées par l’appartenance à une scène.

Ce que je veux donc souligner c’est que Les Modules Étranges ouvrent leur catalogue d’effets : les guitares sonnent plus orageuses, les variations à l’intérieur des titres sont calculées pour un impact maximum et une déstabilisation. Les titres se finissent souvent sur des ambiances, comme des interludes qui donnent envie d’un album parallèle (on peut penser au « Carnage Visors » des Cure ou au « Cult Movie » de Punish Yourself). Quand la basse se met à la new-wave (« Mental Pop-up »), les guitares rugissent soudain avec une tonalité froide – black metal, oserons-nous, voire metal tout court sur « Source of all Evil ». « A good Citizen » propose lui aussi une belle partie de violence rentrée, loin d’un carcan mélodique ou dansable, un plaisir bruitiste contrôlé. C’est peut-être l’une des sources de ce contrôle qui me gêne en partie : la batterie programmée bloque par son aspect trop synthétique l’allant de certains titres (le chaloupé « Suzie’s in between » y perd à mon sens en humanité).

L’humanité du projet est sans doute aussi ce qui prime dans ce nouveau disque : les paroles (inscrites en recto-verso, un appel au décryptage!) évitent les poncifs Timburtoniens pour des revendications et admonestations contre l’Autre et ses mensonges, contre le miroir aux alouettes du Dahlia Noir, contre le bon citoyen qui ne sait que consommer… Cette charge, on la retrouve à travers la lourdeur d’un titre comme « Here’s to your Fuck Frank », basse vibrante et guitare aigrelette, un appel hypnotique qui fait mouche. La basse tient aussi « Out of my Flesh », un titre balancé, un manifeste du talent du groupe dans son registre et la duplication des voix, la surcharge des pistes de guitare balance une belle colère tempérée par le chant ivre et enfantin. Avec ces variations (et un bon son de tom), Les Modules Étranges explorent un nouveau territoire bien plus audacieux.

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Tracklisting :
01. Debbie

02. Black Dahlia

03. A good Citizen

04. Mental Pop-up

05. Suzie’s in between

06. Ease your Life

07. Here’s to your Fuck Frank

08. THX

09. Out of my Flesh

10. Source of all Evil

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Note : 78%

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